Le non-dit, ce poison de la communication

écrit le 27 janvier 2016
publié dans La communication relationnelle Tags:communication , conflit , non-dit

ConflitUn des plus grands poisons de la communication est le non-dit.

Quand je parle du non-dit, je ne parle pas des choses que nous choisissons de taire par pudeur ou par respect de notre intimité. Cela bien sûr nous appartient et nous pouvons en toute liberté garder notre jardin secret, il s’agit en l’occurrence d’un choix.

Avec le non-dit, je parle plutôt des choses que nous taisons parce que nous n’osons pas les dire. C’est souvent la peur du conflit qui nous conduit à ne pas faire telle remarque, à ne pas dire que nous avons mal vécu une situation, une parole.

Il s’est donc passé quelque chose avec une personne et nous n’arrivons pas à lui dire. La communication est bloquée d’une certaine façon.

Et un jour, ce qui n’a pas été dit sera exprimé, d’une façon ou d’une autre. Soyez-en sûr, une occasion se présentera et le non-dit ressortira, et de façon généralement plus réactionnelle.

Par exemple, dans un couple, une femme vit mal que son partenaire n’ait pas pensé à lui offrir des fleurs à la St Valentin. Au lieu de lui dire, elle garde cela en elle et ne lui parle pas de sa frustration. Plusieurs jours plus tard, sur un tout autre de sujet, alors que son partenaire lui dit qu’il rentrera plus tard un soir, elle se met en colère et lui reproche de ne jamais penser à elle ! Ces deux situations cumulées ont conduit cette femme à réagir de façon exagérée.

Si elle avait osé dire sa frustration, sa déception au moment où elle la vivait, les choses auraient sans doute pris une autre tournure.

C’est pourquoi, même si cela est difficile, il vaut mieux dire les choses au fur et à mesure qu’on les traverse. A mon cabinet, je reçois des couples qui se reprochent parfois des choses qui datent de plusieurs années. Certes, il n’est jamais trop tard pour remettre de la parole, mais plus on attend, plus il y a de la rancœur, de l’amertume qui vont abîmer la relation.

J’évoquais justement cela hier dans une classe de collégiens, et l’un d’eux m’a répondu : « oui mais si on dit les choses, alors on va se disputer? ».

Oui, c’est vrai, peut-être que l’on va se disputer, lui ai-je répondu. Et c’est plutôt sain de se disputer. On n’est pas obligé de s’insulter et de se déchirer pour cela 😉 Quand on ose se positionner, sortir du non-dit, on peut passer d’un conflit larvé à un conflit ouvert. On peut se dire les choses et résoudre le conflit.

Apprendre à communiquer ne veut pas dire ne plus avoir de conflit, c’est au contraire oser mettre en commun ses différences, oser se positionner, je vous invite à lire ou à relire cet article sur le sujet : traverser les conflits

La forme la plus pathologique du non-dit est le secret, notamment le secret de famille… et je vous en parlerai dans un autre article 😉

Si vous avez quelques minutes, j’attends encore des retours pour mon sondage, alors si vous appréciez mon blog, je vous invite à le remplir :

http://blog-espere.com/sondage/

 

Merci !

 

Sondage

écrit le 22 janvier 2016
publié dans Uncategorized

Bonjour,

Je cherche à améliorer mon blog et à vous faire de nouvelles propositions 🙂

Pour cela, je souhaite connaître vos attentes, c’est pourquoi je vous invite à répondre à ces quelques questions :

 

  1. Que préférez-vous lire sur ce blog?
  2. Quelle est la plus grande difficulté que vous rencontrez dans vos relations?
  3. Dans quelle relation rencontrez-vous cette difficulté?
  4. Quel thème souhaiteriez-vous voir aborder prochainement?

 

Pour me répondre, il suffit de remplir le formulaire de contact ci-dessous, vos données restent bien sûr confidentielles:

 

 

Merci par avance du temps que vous consacrerez à ce sondage !

Le lien à nos parents

écrit le 21 janvier 2016
publié dans La relation parent-enfant Tags:lien , maltraitance , relation , violence

Je réponds aujourd’hui à une question :

« Bonjour, j’ai 52 ans et je ne parle plus à mon père depuis 2 ans. à l’aulne de mes 50 ans il m’a demandée de fêter mon anniversaire comme il l’avait prévu pour moi. J’ai refusé car cela ne correspondait pas à mon souhait . Depuis il a rompu le dialogue . Je l’ai rappelé 2 ou 3 fois pour avoir des nouvelles, une fois pour lui souhaiter mes vœux il y a 2 ans ; il m’a dit regretter ce qu’il avait fait , qu’il était content que j’appelle et j’ai pensé que la relation pouvait reprendre. Mais non, il n’a jamais rappelé. Le contexte familial est dense, père très violent dans mon enfance, alcoolique, tyrannique, mère alcoolique pour oublier les sévices. Il m’ a mise à la porte quand j’ai eu 18 ans car je ne voulais pas(déjà) lui obéir, c’est à dire travailler et lui donner mon salaire, entre autre… j’ai mis des années à lui pardonner , (des années d’accompagnements thérapeutique) de solitude, de désespérance, de cauchemars. J’ai repris une relation avec lui pendant de longues années; cela allait, même s’il avait parfois des crises de colère intense contre d’autres que moi. A 50 ans j’ai eu besoin d’en finir avec ma peur de lui dire non car je voulais être libre. J’ai eu des gros soucis de santé les années précédentes et j’ai réalisé que j’avais le droit de vivre maintenant. Mais voilà je culpabilise, je savais que si je disais non c’en serait fini. Et je ne sais pas comment orienter mon discours intérieur, que lire, pour m’éclairer et accepter que je ne le reverrai peut être jamais. Je me sens blessée, rejetée . Mais en même temps , libre ; Est-ce le prix à payer. Merci de votre écoute »

Merci  pour votre témoignage. Vous décrivez très bien comment il est parfois impossible de garder une bonne relation avec ses propres parents, surtout quand il y a eu de la maltraitance dans l’enfance.

Et probablement que la petite fille que vous étiez aurait encore besoin de l’approbation, de l’amour de son père. Sauf que l’adulte que vous êtes a compris, je crois, que cette approbation ne viendrait pas et que vous pouvez vivre sans.

Il n’y a que vous qui pouvez savoir si la relation avec votre père est bonne pour vous ou pas.

Ce qu’il serait possible de faire, c’est de continuer à rappeler le lien, comme vous avez pu le faire : en appelant ou en envoyant une carte pour les fêtes et les anniversaires. Ainsi, vous continuer à signifier, à lui et à vous-même que vous êtes bien sa fille, vous vous reliez à lui à certains moments de la vie. Vous n’êtes pas obligée de vous laisser définir par ses silences. Et vous n’êtes pas non plus obligée de conserver une relation suivie avec lui.

Ainsi, même si lui ne souhaite plus être en relation avec vous, vous pouvez maintenir un lien, symboliquement… à condition que ce soit bon pour vous, bien sûr, donc je vous invite à écouter ce qui est le plus juste pour vous.

Au-delà, et même si vous dites que vous avez fait des années de thérapie, il peut être judicieux de vous faire accompagner dans cette nouvelle étape de votre vie, si vous vous sentez en souffrance.

Je vous invite également à lire les articles que j’ai écrits sur la restitution symbolique, je pense que cette démarche pourrait vous aider à vous libérer des violences que vous avez reçues :

http://blog-espere.com/comment-faire-une-restitution-symbolique-avec-la-methode-espere/

 

Je vous recommande aussi de lire les livres d’Alice Miller, qui justement déculpabilisent les ex-enfants ayant été maltraités et ayant arrêté les relations avec leurs parents.

Vous pouvez lire « C’est pour ton bien » par exemple.

 

Je vous souhaite plein de bon dans votre vie.

Parent-enfant : sortir de l’opposition

Je réponds aujourd’hui à une question posée par un parent :

« Bonjour , nous avons une fille de 3 ans avec laquelle les choses fonctionnent bien . Nous avons 2 soucis répétés et quasi quotidiens : le brossage de dents qui même ludique n’est pas souhaité de sa part et elle a décidé qu’elle ne faisait plus les siestes à la maison et fait du bruit pendant qu’elle joue dans sa chambre au moment où nous avons besoin de nous reposer ( elle se réveille parfois la nuit et se lève vers 7h régulièrement ) . Nous ne trouvons pas des sanctions en conséquence avec ces comportements qui lui permettraient d’assumer les conséquences de ces actes … Merci de votre expérience . »

 

Bonjour,

Je vous remercie pour votre question.

A 3 ans, refuser de faire des choses que demandent les parents est un comportement tout à fait normal qui participe à la construction de la personnalité de l’enfant à travers l’affirmation de soi.

Pour les parents, c’est souvent une étape d’apprentissage du lâcher-prise 😉

Au sujet du brossage de dents et des siestes, je ne vous recommande pas de faire appel à des sanctions.

Je vous invite à utiliser les sanctions avec parcimonie, seulement pour les comportements d’une certaine gravité (exemple : quand l’enfant tape).

A cet âge-là avoir une routine « pot-dent-histoire-dodo », par exemple, la répéter à l’enfant et la lui faire dire : « qu’est-ce qu’on fait après le pot? » est un bon moyen de le faire adhérer, cela peut prendre un peu de temps mais à un moment donné, cette routine est intégrée.

Cela permet aussi de dire à l’enfant que tant que l’étape du brossage des dents n’est pas faite, vous ne passez pas à l’étape suivante.

Quand vous êtes face à un refus de votre enfant, une autre possibilité serait de rechercher l’adhésion de l’enfant, en lui proposant une alternative : par exemple : « d’abord l’histoire ou d’abord les dents? »

Dans tous les cas, vous ferez les 2, mais elle retrouve un petit pouvoir de décision en ayant une alternative.

Chaque fois qu’on permet à l’enfant d’avoir un choix, on suscite sa coopération et on sort du rapport de force.

Concernant le refus de faire la sieste, c’est l’âge aussi ! Si elle joue dans sa chambre, même en faisant du bruit, il ne me semble pas que ce soit problématique. Mais pour les parents, effectivement, c’est une période où il faut renoncer à ce moment de répit de 2-3 heures, qui est effectivement pratique voire salutaire 😉

En tous cas, je ne propose pas de sanctions. Éventuellement, vous pouvez lui faire la demande qu’elle joue tranquillement.

Je vous invite à utiliser dans la relation avec votre enfant la communication à partir du « je » personnalisé, vous serez alors pour votre fille un adulte consistant et cohérent qui se positionne vis-à-vis d’elle.

J’espère que cette réponse pourra vous aider.

Pour aller plus loin, je vous recommande le livre d’Isabelle Filliozat « J’ai tout essayé ! », qui explique très simplement les bases de la parentalité bienveillante.

Voici plusieurs articles que j’ai écrits sur la relation parent-enfant, qui peuvent également vous éclairer :

http://blog-espere.com/4-moyens-de-desamorcer-les-situations-difficiles-avec-un-enfant-en-bas-age/

http://blog-espere.com/accompagner-un-enfant-en-conscience/

http://blog-espere.com/des-pistes-pour-parents-en-difficulte/

 

Si vous avez des questions, je vous invite à utiliser ce formulaire de contact et je vous réponds sur le blog :

 

 

Vous pouvez aussi me contacter pour un rendez-vous physique ou téléphonique, voici mon site :

http://www.lescheminsdelarelation.com/

Mes vœux relationnels

écrit le 1 janvier 2016
publié dans Les relations humaines Tags:méthode espere , voeux

recevoirVoici une nouvelle année qui commence et je souhaite à chacun qu’elle soit remplie de joie et de lumière.

Je vous souhaite d’oser être vous-même : d’oser vous positionner chaque fois que le respect de vous-même en dépend et d’oser dire oui ou non, non pas en fonction des autres, mais bien en vertu de vous-même. Je vous souhaite d’avoir ce courage-là d’être vous-même, sans pour autant vous opposer aux autres, simplement en leur offrant votre présence authentique.

Chaque jour qui passe peut être un renouveau, pour vous-même et aussi pour les relations que vous entretenez avec les autres.

Ne vous découragez pas s’il y a des obstacles, ils font partie du chemin… et à l’intérieur de vous-même, il y a toujours une petite lumière, qu’il s’agit de nourrir et de protéger.

A l’aube de cette nouvelle année, je vous engage vivement à continuer à vous responsabiliser… c’est-à-dire à conscientiser la part de votre responsabilité au cœur de chacune de vos situations de vie. Trop souvent nous accusons les autres en oubliant de regarder à l’intérieur de nous et c’est pourtant à l’intérieur de soi que tout se passe…

Au contact avec votre propre responsabilité, prenez conscience de votre propre puissance et vous pourrez ainsi arrêter de croire que ce sont les autres qui gouvernent votre vie.

Vous découvrirez ainsi cette opportunité fabuleuse qui est celle de pouvoir choisir la façon dont on vit les choses…

Chaque jour qui passe est une opportunité pour aller vers le meilleur de soi, quel que soit l’endroit d’où nous partons.

Alors je vous souhaite bonne route sur ce chemin, sur lequel je compte continuer à vous accompagner grâce au blog ESPERE 🙂

 

 

 

 

Un mot à éviter pour avoir de bonnes relations avec les autres

écrit le 8 novembre 2015
publié dans Apprendre à communiquer Tags:communication

Je vous propose de découvrir un article d’Agnès Emma, du blog : www.l-architecte-du-couple-durable.com .

Son blog est consacré à la relation de couple et je vous invite à le consulter.

Il y a des mots qui nuisent à la qualité de nos relations. Découvrez l’impact du verbe « essayer » sur nos proches. Après cette lecture, je parie que le verbe « essayer » ne fera plus partie de votre vocabulaire !

Soyez un(e) conjoint(e) ou un(e) ami(e) ou d’exception

Je vous propose cet article suite à ma lecture de Il est si difficile de t’aimer. Les auteurs sont Bill Klatte , psychothérapeute, et Kate Thompson, coach de vie.

Une relation conjugale ou amicale de qualité. N’est-ce pas ce qui rend heureux ? Nous avons tous l’ambition d’avoir des relations harmonieuses, qu’il s’agisse d’amour ou d’amitié. Sauf que nous nous exprimons avec maladresse. Souvent, un mot suffit pour jeter un froid.

Comment faire en sorte de préserver nos relations ? Comment garder notre femme et notre mari ? La réponse est simple.

Faites-vous aimer par votre partenaire !

Non. Il ne s’agit pas de changer pour votre conjoint(e). Il s’agit simplement de bannir un mot qui frustre votre partenaire.

Bannissez le verbe essayer et dotez-vous de qualités hautement recherchées :

  • Soyez digne de confiance.
  • Soyez quelqu’un qui se responsabilise.
  • Soyez quelqu’un qui fait preuve de tact.

Ouaw… je supprime le verbe bannir et je deviens aussi cool? Oui!

Découvrez en quoi le verbe essayer fait du mal aux oreilles de chéri(e).

1) « Essayer » suscite un manque de confiance.

Vous employez le verbe essayer? Votre conjoint(e) comprend que vous n’êtes pas fiables.

Imaginez. On vous dit : « peux-tu passer le balai cet après-midi, s’il te plait? ». Vous dites « Je vais essayer ». Chéri(e) s’exaspère en silence : Tu m’étonnes, je parie 100 euros que rien ne sera fait à mon retour.

Pourquoi cette réaction? En employant le verbe essayer, chéri(e) comprend que sa demande ne fait pas partie de nos priorités. En fait, vous ne planifiez pas passer le balai. Pour votre conjoint, vous négligez sa demande. Forcément, vous oublierez de lui rendre service.

Elle vous demande de passer récupérer votre fille à la sortie de l’école. Vous répondez « je vais essayer ». Une heure avant la fermeture de l’école. Madame stresse. Parce qu’elle ne vous fait pas confiance. Elle décide de récupérer votre fille elle-même.

Finalement, le véhicule de madame stationne près du vôtre devant l’école. Elle vous fait coucou. Vous « mais, tu m’as demandé de venir chercher Julie ». Elle « Je n’étais pas sûre que tu aurais pu ».

Expérience drôlement ridicule n’est-ce pas?

Peut-on compter sur vous, oui ou non? Dites « je vais le faire » et non pas « je vais essayer » pour susciter la confiance chez votre conjoint(e).  Évitez à l’autre le stress associé au manque de confiance. Si vous ne pouvez pas, votre réponse est recevable.

Vous utilisez le verbe pouvoir? Votre conjoint(e) comprend plus ou moins sereinement votre indisponibilité. Dites que vous ne pouvez pas, votre partenaire l’appréciera. Chéri(e) s’organise autrement et sans rancune pour récupérer votre fille à l’école.

Osez la formule « je ne peux pas » et participez efficacement à l’organisation des tâches.

2) Chéri(e) frustré(e) par votre désinvolture

Lui: « Peux-tu faire quelques courses au supermarché? ». Elle: « Je vais essayer ».
Avouez qu’il y a un sous-entendu. En fait, votre conjoint(e) comprend. Je vais essayer. Si tu crois que je n’ai que ça à faire. 

Oui, ce n’est pas ce que vous voulez dire! Mais vous savez, votre conjoint(e) a peut-être eu une journée horrible au bureau. Frustré, on a tendance a facilement interpréter. Dites « je vais essayer » revient à stimuler la nervosité de votre partenaire!

Bref, devant un conjoint(e) à fleur de peau, on évite de dire « je vais essayer ». Au contraire, on considère l’importance de son besoin. On répond le plus efficacement possible. L’objectif est de prévenir les tensions dans le couple. Ne laissez pas de place à l’interprétation.

Remplacez « je vais essayer » par « je vais le faire » ou « je ne peux pas le faire ».

 3) « Essayer » pour se déresponsabiliser.

À la recherche d’excuses pour nos manquements à nos promesses

Dès que vous prononcez « j’ai essayé », votre conjoint(e) tend l’oreille et fronce les sourcils. Qu’allez-vous trouver comme excuse cette fois ?

On utilise « j’ai essayé » quand on veut susciter l’empathie et la clémence chez l’autre. Portez attention. Dans 99% des situations, une excuse accompagne notre « j’ai essayé ». Souvent, on place notre excuse à l’aide d’un mais.

« J’ai essayé de tout ranger, MAIS bébé était demandant ». Hum, vraiment ? C’est la faute à bébé maintenant ? Oui, votre enfant peut être très capricieux. Reste que notre conjoint(e) peut s’exaspérer de notre comportement puéril. Et si on assumait pour une fois ?

Vous n’avez pas rangé. Vous avez choisi de ne pas le faire. Vous avez jugé mieux de faire autre chose. Vous deviez ranger. Bébé pleurait. Vous avez jugé préférable de rassurer bébé et de jouer avec lui. Assumez vos décisions. Vous n’êtes pas de ceux qui laissent bébé pleurer. Affirmez-le. Osez affirmer ce que vous êtes. Chéri(e) est séduit quand nous nous affirmons.

« Essayer » pour rendre l’autre responsable de nos échecs

« J’ai essayé de travailler, mais tu étais là et je n’ai pas pu me concentrer. » Personne n’est responsable de ce qui vous arrive. Vous auriez pu quitter le salon pour poursuivre dans votre bureau. Vous auriez pu décider de poursuivre vos travaux à la bibliothèque.

Vous auriez pu demander de baisser le son de la sono. Bref, il est facile d’accuser les autres pour nos manques à nos responsabilités. Sauf, que ce n’est pas faire preuve de maturité.

Pour rendre l’autre responsable de nos réactions

 « J’essaye de rester calme, mais tu es insupportable ». Chéri(e) rétorque en silence : mais oui, c’est de ma faute si tu es hystérique…

Nos réactions n’appartiennent qu’à nous. NOUS sommes calmes. NOUS nous mettons en colère. NOUS pleurons. Nous avons du mal à gérer nos émotions. Soyons grands. Reconnaissons-le. Assumons-le… Nous devons mettre en place des mesures pour maîtriser nos émotions. Vous êtes responsables de vos actes. Vous décidez d’agir de telle ou telle sorte. Assumez-le.

Finalement,

Oui, il se peut que vous êtes dans l’incapacité de récupérer votre fille. Il se peut que vous n’ayez pas pu faire telle ou telle chose. Dans ce cas, dites que vous ne POUVEZ pas. Dites que vous n’avez pas pu. N’exaspérez pas votre conjoint(e) avec un « je vais essayer » ou un « j’ai essayé, mais ».

Optez pour la formule « je ne peux pas » ou « je n’ai pas pu ».

  • Soyez clairs sur vos intentions. Vous inspirerez la confiance.
  • Assumez vos actes. Votre maturité sera appréciée.
  • Assumez vos décisions. Vous serez admirés et respectés.

Alors. Allez-vous bannir le verbe essayer?

A très bientôt pour d’autres astuces de communication 😉

Agnès

Comment aider une personne victime de violence conjugale

écrit le 18 octobre 2015
publié dans Conseils de lecture, La relation d'aide Tags:écoute , violence conjugale

Le livre Violence conjugale : écouter et aider
J’ai récemment écrit et publié un ouvrage intitulé « Violence conjugale : écouter et aider ». Dans ce livre, je mets à disposition des professionnels, mais aussi de toute personne en contact avec des victimes, des informations, une méthodologie d’écoute et des pistes d’orientation.

Dans cet article, je vous transmets des informations utiles pour pouvoir aider les personnes victimes de violence que vous pouvez rencontrer dans votre vie personnelle ou professionnelle.

Il y a environ une femme sur 10 qui subit des violences au sein du couple, par conséquent nous sommes tous en contact avec des personnes concernées, même si nous l’ignorons. Certains hommes subissent également des violences conjugales.

Lorsqu’on se trouve au contact d’une personne victime de violence conjugale, on se sent souvent impuissant et malheureux.

C’est d’autant plus vrai lorsque c’est notre ami(e), notre collègue ou notre sœur qui subit des violences. Il est très difficile de voir un proche souffrir et sombrer dans l’emprise. Comment aider sans être intrusif ? Comment parler de ce sujet si difficile ? Comment être présent sans se surinvestir dans une situation qui n’est pas la nôtre ?

Bien souvent, nous donnons des conseils, nous tentons de convaincre la personne que la situation dans laquelle elle se trouve est dangereuse ou mauvaise pour elle… Mais force est de constater que cette attitude ne fait que renforcer la dépendance de la personne victime et qu’elle n’est donc pas véritablement aidante.

Je vais vous livrer quelques conseils pour trouver le positionnement juste. Ces conseils sont tirés de ma propre expérience professionnelle, ayant travaillé pendant 6 ans auprès des victimes de violences conjugales quotidiennement.

Au préalable, rappelons que la violence constitue une atteinte à la personne et que toute forme de violence est interdite par la loi : violence psychologique, verbale, physique, sexuelle…

Voici 4 clés pour venir en aide à une personne victime :

1. Parler, poser des questions

La personne victime de violences conjugales est souvent enfermée dans un silence toxique. Elle ne trouve pas la force de parler de ce qu’elle vit car elle est envahie par des sentiments de honte et de culpabilité. Elle a peur de rencontrer l’incompréhension de ses proches. Une personne victime est souvent menacée par son conjoint si elle parle.

Pour toutes ces raisons, si vous trouvez que votre amie, sœur, collègue, voisine… a un comportement inhabituel, qu’elle est triste, qu’elle semble craindre son compagnon… je vous invite à oser lui poser la question : « comment ça se passe dans ta relation de couple ? Est-ce qu’il y a de la violence ? » Sans poser la question, vous risquez de passer à côté de son vécu, elle n’osera probablement pas vous parler ce ce qu’elle vit.

Même si elle répond par la négative dans un premier temps, elle saura qu’elle peut aborder le sujet avec vous le jour où elle se sentira prête.

2. Écouter sans juger

Si elle est prête à parler, vous pourrez alors accueillir ce qu’elle dit sans la juger.

Il s’agit en tant qu’écoutant d’accepter que je ne sais pas à la place de l’autre ce qui est bon pour lui. Cela demande une bonne dose d’humilité et d’empathie.

Cette écoute va permettre à la personne d’être enfin entendue dans ce qu’elle vit et cette attitude est très précieuse. Je vous invite à lire ou relire mon article sur l’écoute pour approfondir vos compétences en la matière.

Par ailleurs, cela va vous permettre de l’aider à identifier ses besoins. Vous pourrez lui demander : « de quoi as-tu besoin? », ce qui vous donnera des pistes pour proposer votre aide ensuite le cas échéant.

Il est très difficile de ne pas juger : souvent, nous jugeons ce que nous ne comprenons pas. Or la violence conjugale est un phénomène complexe. Pour plusieurs raisons, il est difficile de quitter un partenaire violent et cela se fait souvent en plusieurs étapes, avec des allers-retours. Même si cela vous paraît incompréhensible, je vous invite à ne pas juger ce processus.

3. Rappeler la loi

Vous pouvez à bon escient rappeler à cette personne que la loi interdit toute forme de violence et que face à des actes de violence, la victime a des droits. Des personnes peuvent l’aider à les faire valoir. La victime a notamment le droit de déposer plainte.

Cela lui permettra de commencer à se sentir moins coupable de ce qu’elle vit. La personne victime croit souvent qu’elle est responsable de la violence qu’elle subit car c’est ce que lui dit son agresseur.

4. Proposer son aide et passer le relais

Une fois que vous avez identifié quels sont ses besoins et ses priorités (être soutenue psychologiquement, trouver un logement ou un hébergement, être informée sur ses droits…), vous pouvez l’orienter vers les partenaires qui vont l’aider dans ses démarches : associations qui aident les victimes de violences, assistant social, thérapeute…

Si vous en avez la possibilité et le désir, vous pouvez aussi proposer votre propre aide pour héberger la personne, garder ses enfants pendant qu’elle fait des démarches…

Un numéro à connaître et à donner dans tous les cas  : le 3919. C’est le numéro national d’écoute et d’orientation pour les victimes de violences conjugales.

 

A travers votre écoute et votre bienveillance, vous avez un vrai rôle à jouer… chacun peut participer à ce que les personnes victimes puissent enfin se dire et être entendues dans ce qu’elles vivent… et enfin aller vers le meilleur d’elles-mêmes.

 

Si vous souhaitez aller plus loin, je vous invite à vous procurer mon livre : vous y trouverez une méthodologie d’écoute et d’accompagnement ainsi que les informations juridiques importantes à donner aux victimes.

Je l’ai écrit pour les professionnels mais le langage est simple et je sais qu’il aidera aussi les proches des victimes.

Vous pouvez le commander à l’adresse suivante :

http://www.thebookedition.com/violence-conjugale–ecouter-et-aider-anais-euverte-p-128993.html

 

Voici d’ailleurs une vidéo de présentation de mon livre :

 

Comment faire une restitution symbolique avec la Méthode ESPERE®

Bonjour,

Plusieurs personnes m’ont contactée via le blog pour me demander comment faire une restitution symbolique.

La restitution symbolique, c’est une démarche proposée par la Méthode ESPERE® de Jacques Salomé, qui consiste à rendre à quelqu’un la violence ou le mauvais reçu par un comportement.

J’ai déjà parlé de cette démarche et publié un lien vers une vidéo de Jacques Salomé à ce sujet. Je vous invite à les lire ou les relire si besoin.

Aujourd’hui, je vous partage une vidéo que j’ai réalisée pour vous expliquer concrètement comment réaliser la démarche de restitution :

 

 

Je vous invite à me faire part de vos interrogations et de vos commentaires. Comme je le dis dans cette vidéo, il me paraît important d’être accompagné dans cette démarche par un praticien de la Méthode ESPERE®. Cette démarche a de réels effets thérapeutiques si elle est faite en conscience, en tant qu’aboutissement d’un processus de maturation.

Je vous souhaite de belles découvertes, et peut-être, de belles démarches symboliques 🙂

 

 

Conte pour être soi m’aime : Katarina

écrit le 27 septembre 2015
publié dans Outils de communication Tags:conte

image katarinaAujourd’hui, je partage avec vous un conte écrit par Geneviève Abraham, auteure d’un livre de contes : Contes pour être soi m’aime.

« J’écris cette histoire pour une petite araignée que je connais bien et pour laquelle j’ai beaucoup de tendresse et de compassion.

Vous savez certainement que les araignées tissent leurs toiles. Sauf que personne bien souvent ne leur a appris comment faire. Alors, beaucoup d’entre elles courent partout dans une course effrénée, sans jamais pouvoir s’arrêter. Et plus elles courent, moins elles sont productives.

Katarina, la petite araignée dont je vous parlais au début, fait partie de celles-ci. Il faut dire que sa vie n’avait pas toujours été très facile. Au pays des araignées, souvent les parents n’ont pas appris non plus à tisser leurs toiles, alors lorsqu’ils en ont une, parfois elle est toute tordue, ou bien il y a des trous et il faut sans cesse veiller à ne pas tomber dedans pour ne pas risquer la mort. D’autres parents encore, trouvent des subterfuges et demandent même à leurs enfants araignées de tisser leurs toiles à leur place !

Nina, la maman de Katarina courait, elle, toujours après les meilleures écoles pour apprendre à tisser des toiles. Oui, cela commençait à exister depuis quelques années, lorsqu’un grand araignée (je dis un, car c’est un mâle) avait fait des découvertes. Depuis, d’autres araignées lui avaient succédé et avaient ouvert toutes sortes d’écoles.

Le paradoxe c’était que plus Nina voulait apprendre, et plus elle délaissait sa fille et son mari qui ne pouvaient se reposer sur une belle toile. Évidemment, elle n’avait pas le temps de se poser pour tisser une toile… Ainsi, rien n’avançait concrètement.

Dans sa tête oui, mais dans la tête des araignées, c’est facile d’imaginer que tout est simple à faire ! Mais lorsqu’est venu le moment de passer à l’action, là, c’est autrement plus complexe ! Et Nina s’en est bien rendue compte.

Elle avait besoin de concentration pour ne pas que tous les fils s’emmêlent, d’une certaine luminosité pour y voir suffisamment clair mais pas trop pour ne pas être éblouie, et d’un tas d’autres choses, comme du savoir-être, de la patience, du courage, etc.

Et en plus, parfois, elle n’avait pas observé que le lieu qu’elle avait choisi n’était pas opportun pour s’installer. Non, tisser sa toile par exemple sur une voiture était un gros risque de voir sa maison détruite en une fraction de seconde. Et oui, c’est un dur labeur que de tisser sa toile…

D’autant plus qu’elle se modifie et bouge au gré du vent, des tempêtes ou des aléas de la vie, alors souvent il y a besoin de la reconstruire. Retrouver son courage, mettre toutes son énergie dans ses pattes et recommencer, ne pas désespérer.

C’est ce que Nina s’évertuait à faire. Oui, car à un moment donné, elle avait arrêté de passer d’une école à l’autre, et s’était posée dans l’une d’entre elles. Oh ne croyez pas que cela avait été facile. On l’avait remise en question, on lui avait expliqué comment bouger ses pattes pour pouvoir y parvenir, et puis surtout elle avait pu dire que son abdomen ne secrétait pas suffisamment de fils pour y parvenir. Elle avait toujours caché cela aux autres araignées et ne parvenait à apprécier son abdomen. Elle en voulait toujours un autre… Et là, enfin, elle avait appris à l’aimer tel qu’il était, acceptant que celui-ci fabrique le fil comme il pouvait.

On lui avait appris que toute araignée, quelle qu’elle soit, a le droit de tisser sa toile, avec la qualité de fils qu’elle peut fabriquer, et à sa vitesse, et que s’il faut recommencer, c’est tout à fait normal pour les araignées. De toute façon, ainsi est faite leur vie, elles tissent à longueur de temps.

Et au pays des araignées, on ne peut pas tisser la toile à la place d’une autre araignée, même si l’on en est très proche, ou qu’on voudrait lui rendre service. Ainsi, Nina pouvait montrer à Katarina des choses, témoigner de ses apprentissages, lui tendre parfois une patte, observer sa façon de faire mais, non, pas faire à sa place !

Alors pendant ce temps, Katarina courait elle, non pas après les meilleures écoles pour apprendre comme sa mère l’avait fait autrefois, mais après les boutiques. Cela peut paraître absurde car normalement, les araignées tissent leurs toiles sans rien acheter. Car tout se trouve dans la nature.

Mais depuis quelques années et surtout depuis que les humains prenaient de plus en plus de place, c’était devenu pour les araignées de plus en plus difficile de vivre en paix, en sécurité et en harmonie avec la nature.

Alors des araignées peu scrupuleuses (enfin pas toutes) faisaient croire à des araignées naïves qu’en achetant toutes sortes de fils, de matières, des gants pour protéger leurs pattes, d’aiguilles à tricoter, et même de parcelles de terre, qu’elles pourraient ainsi plus aisément construire leurs toiles.

Et Katarina faisait partie de ces petites araignées qui croyaient les commerçants qui vendaient plus d’illusions que de réalité, en leur faisant croire qu’elles seraient plus heureuses avec d’autres choses. Comme par exemple en ayant d’autres fils que les siens, avec des appareils pour passer des messages à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit aux autres araignées, qui croyaient alors qu’elles avaient plus d’importance selon le nombre reçu !

Aussi, Katarina restait branchée dans l’attente désespérée d’un nouveau message… qui lui donnerait l’illusion (encore une !) qu’elle est plus aimée ou qu’elle a plus de valeur.

Mais personne ne lui avait dit que sa vraie valeur, elle serait la seule à la trouver, elle-même, à l’intérieur de son ventre, de son cœur et de sa tête, dans le silence de la nuit, dans la douceur de l’ennui, au gré de ses péripéties, en regardant les nuages, en observant les étoiles, en caressant ses rêves, en chatouillant ses désirs, en effleurant ses larmes.

Non, personne ne lui avait appris cela. Alors moi, je lui dis, je lui chuchote à l’oreille, pour qu’un jour, elle puisse se rappeler. Et le jour où tu seras prête, ma douce et tendre Katarina, tu pourras lire et relire autant de fois ce conte qu’il te plaira, autant de fois que tu en auras besoin.

Et j’écris ce conte pour toutes les autres araignées qui vivent sur cette planète, qui courent après quelque chose, en ne sachant pas toujours quoi, ni comment faire.

J’ai moi aussi été une araignée autrefois. Je le suis encore à certains moments. Mais je me transforme parfois les soirs de pleine lune en hirondelle, en ange ou en démon, en loup, en singe ou bien d’autres choses encore, au gré de mes envies, au gré de mes péripéties…

Je vous souhaite d’en faire tout autant. Car il est si bon de se transformer… »

Si ce conte vous a plu, je vous invite à en lire un autre sur mon blog : le conte de la petite castorette rondelette.

Geneviève vend son livre par internet et je le recommande chaleureusement :

http://www.thebookedition.com/contes-pour-etre-soi-m-aime-genevieve-abraham-p-129774.html

 

Vous pouvez également consulter son site internet :

http://etresoimaime.weebly.com/

 

SOS tempête émotionnelle

ConflitDans cet article, je vous donne quelques clés pour gérer les moments difficiles.

Quand nous sommes touchés, envahis par une émotion et que nous ne savons pas comment l’évacuer, nous risquons de déposer sur l’autre des paroles ou des comportements négatifs. Ceux-ci peuvent altérer la relation que nous avons avec l’autre, c’est pourquoi il est très important d’apprendre à écouter et à évacuer ses émotions.

Si nous ne sommes pas libres de nos émotions car nous ne pouvons pas ne pas ressentir quelque chose qui est là, présent à l’intérieur de nous, nous pouvons toutefois agir sur notre réaction.

Voici plusieurs idées à mettre en pratique dans les moments de crise, quand vous sentez que vous êtes dans une émotion négative, surtout la colère, et que vous risquez d’entrer dans le réactionnel. Vous pouvez afficher cette liste chez vous et la compléter bien sûr.

 

10 idées à mettre en place en cas de tempête émotionnelle

Quand je suis envahi par une émotion, que je risque de perdre mes moyens et d’abimer ma relation avec les autres, je peux :

 
1) M’isoler, quitter la pièce, aller marcher

 
2) Taper sur un coussin (en cas de grosse colère)

 
3) Me demander : « qu’est ce qui est touché en moi (pour que ressente cela) ?» pour me recentrer sur mon vécu

 
4) Visualiser mon émotion en la représentant par un objet ou en la dessinant

 
5) Écouter l’autre (me taire) même si je ne me sens pas en accord avec ses propos

 
6) Utiliser le « je » pour dire ce que je ressens, sans dénigrer, accuser ou dévaloriser l’autre

 
7) Penser aux conséquences qu’une parole ou un comportement négatif aura sur la personne et sur la relation

 
8) Me demander si dans quelques heures ou quelques jours, je penserai, dirai ou ferai toujours cela

 
9) Dire les paroles négatives que j’ai envie de dire dans ma tête ou les écrire sur un papier (afin de ne pas les déverser sur l’autre)

 
10) Me (re)connecter aux sentiments positifs que j’ai pour cette personne

 
Je me rappelle à chaque instant que je suis le seul responsable de ce que je ressens.