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Le non-dit, ce poison de la communication

Anaïs EUVERTE post on janvier 27th, 2016
Posted in La communication relationnelle Tags:communication , conflit , non-dit

ConflitUn des plus grands poisons de la communication est le non-dit.

Quand je parle du non-dit, je ne parle pas des choses que nous choisissons de taire par pudeur ou par respect de notre intimité. Cela bien sûr nous appartient et nous pouvons en toute liberté garder notre jardin secret, il s’agit en l’occurrence d’un choix.

Avec le non-dit, je parle plutôt des choses que nous taisons parce que nous n’osons pas les dire. C’est souvent la peur du conflit qui nous conduit à ne pas faire telle remarque, à ne pas dire que nous avons mal vécu une situation, une parole.

Il s’est donc passé quelque chose avec une personne et nous n’arrivons pas à lui dire. La communication est bloquée d’une certaine façon.

Et un jour, ce qui n’a pas été dit sera exprimé, d’une façon ou d’une autre. Soyez-en sûr, une occasion se présentera et le non-dit ressortira, et de façon généralement plus réactionnelle.

Par exemple, dans un couple, une femme vit mal que son partenaire n’ait pas pensé à lui offrir des fleurs à la St Valentin. Au lieu de lui dire, elle garde cela en elle et ne lui parle pas de sa frustration. Plusieurs jours plus tard, sur un tout autre de sujet, alors que son partenaire lui dit qu’il rentrera plus tard un soir, elle se met en colère et lui reproche de ne jamais penser à elle ! Ces deux situations cumulées ont conduit cette femme à réagir de façon exagérée.

Si elle avait osé dire sa frustration, sa déception au moment où elle la vivait, les choses auraient sans doute pris une autre tournure.

C’est pourquoi, même si cela est difficile, il vaut mieux dire les choses au fur et à mesure qu’on les traverse. A mon cabinet, je reçois des couples qui se reprochent parfois des choses qui datent de plusieurs années. Certes, il n’est jamais trop tard pour remettre de la parole, mais plus on attend, plus il y a de la rancœur, de l’amertume qui vont abîmer la relation.

J’évoquais justement cela hier dans une classe de collégiens, et l’un d’eux m’a répondu : « oui mais si on dit les choses, alors on va se disputer? ».

Oui, c’est vrai, peut-être que l’on va se disputer, lui ai-je répondu. Et c’est plutôt sain de se disputer. On n’est pas obligé de s’insulter et de se déchirer pour cela 😉 Quand on ose se positionner, sortir du non-dit, on peut passer d’un conflit larvé à un conflit ouvert. On peut se dire les choses et résoudre le conflit.

Apprendre à communiquer ne veut pas dire ne plus avoir de conflit, c’est au contraire oser mettre en commun ses différences, oser se positionner, je vous invite à lire ou à relire cet article sur le sujet : traverser les conflits

La forme la plus pathologique du non-dit est le secret, notamment le secret de famille… et je vous en parlerai dans un autre article 😉

Si vous avez quelques minutes, j’attends encore des retours pour mon sondage, alors si vous appréciez mon blog, je vous invite à le remplir :

http://blog-espere.com/sondage/

 

Merci !

 

Traverser les conflits

Anaïs EUVERTE post on février 17th, 2014
Posted in La communication relationnelle Tags:colère , conflit , méthode espere

Apprendre à communiquer ne signifie pas ne plus avoir de conflit, ni d’ailleurs être d’accord sur tout.

Car si c’est cela que vous attendez de la communication, alors j’ai une mauvaise nouvelle pour vous : je n’ai pas la recette pour ne plus avoir de conflit, ni pour avoir des relations idéales 😉 Et si vous l’avez, je suis preneuse !

Plus sérieusement, il me paraît important de dépasser cette idée reçue selon laquelle une bonne communication serait synonyme d’une absence de problème dans nos relations.

Je voudrais vous parler de la colère.Pour moi, cela a été un apprentissage que d’apprivoiser cette émotion.

La colère est une émotion, certes ce n’est peut-être pas celle que nous préférons ressentir, mais elle existe et elle a une raison d’être. C’est celle qui nous permet de protéger notre intégrité et de faire respecter nos limites. Être en colère est bien sûr complètement différent d’être violent. Je peux être en colère sans en rendre l’autre responsable, sans lui envoyer des messages négatifs ou violents. Il est possible d’apprendre à ressentir sa colère et à l’exprimer en disant « je suis en colère, voilà ce qui est touché en moi ».  Ou alors si j’ai besoin de sortir plus violemment ma colère (il y a des colères qui sont de vraies tornades !), alors je peux le faire en m’isolant, en tapant sur un coussin, en criant…. sans la jeter sur l’autre.

Si la colère est tue, si elle est refoulée parce que nous ne l’acceptons pas, alors il y a le risque qu’elle ressurgisse sous forme de violence, d’une façon ou d’une autre… C’est pourquoi je vous invite à écouter votre colère et à l’exprimer.

Apprendre à communiquer, en utilisant la Méthode ESPERE®, permet l’apprentissage de l’expression des émotions de façon authentique et respectueuse de l’autre. Cela permet aussi d’entendre ce qui est réveillé en nous quand nous sommes en colère. Les émotions sont le langage du retentissement, c’est-à-dire qu’elles sont le signe qu’une situation inachevée ou une blessure ancienne est réveillée. Un travail de reliance peut donc être mené pour entendre cette situation du passé et pouvoir la guérir. Il y a un lien très fort entre nos relations présentes et notre passé relationnel.

Je suis seul responsable de ce que je ressens, quel que soit le comportement de l’autre. C’est cela qui change tout : j’apprends à me responsabiliser par rapport à ce que je ressens au lieu d’accuser les autres.

Par rapport à la notion de conflit, beaucoup de personnes sont en difficulté. Elles préfèrent taire leur position ou leur désaccord, plutôt que de risquer de se confronter à l’autre. Cela crée des tensions, des non-dits…en fait, il y a alors un conflit larvé qui ne peut être résolu tant qu’il n’est pas ouvert.

Les non-dits polluent les relations, alors que les conflits peuvent les nettoyer, à condition que ces derniers soient traités sur un mode relationnel.

Alors comment vivre des conflits relationnels ?

D’abord en acceptant la position de l’autre comme étant la sienne, même si nous ne sommes pas en accord avec. Un outil vous permet cela, c’est la confirmation : il s’agit de confirmer le point de vue de l’autre comme étant le sien, ce qui permet à la personne d’être entendue.

Je peux ensuite apposer mon propre point de vue, donner ma position, en utilisant les bases de la communication relationnelle : parler à partir de « je », ne pas parler sur l’autre…

En apposant les points de vue, sans les opposer, nous pouvons constater peut-être des points d’accord et des points de désaccord. Il est alors possible de s’appuyer sur les points d’accord, de les constater et de négocier sur les points de désaccord, chacun pouvant développer sa position et argumenter. Parfois, les points de vue pourront se rejoindre, parfois, ce sera le constat de nos différences qui en ressortira… En tous les cas, il est possible de préserver la relation, même en cas de conflit !

 

 

 

 

 

 

 

S’affirmer

Anaïs EUVERTE post on novembre 16th, 2013
Posted in La relation à soi Tags:conflit , méthode espere , s'affirmer

Feuilles d?érable en automne.Lorsque je me suis formée à la Méthode ESPERE® de Jacques Salomé, j’ai découvert (entre autres !) que la plupart des conflits que nous rencontrons se situent à l’intérieur de nous : ce sont des conflits intrapersonnels.

Nous pensons parfois que le conflit se situe dans la relation à l’autre alors qu’en réalité, il est en nous. Repérer cela peut nous éviter de nombreux travers, et notamment celui d’accuser l’autre.

Voici un exemple : un voisin me demande de l’aide pour réaliser des travaux. Je n’ai pas le désir de l’aider mais je n’ose pas lui dire non, je me sens obligée de répondre favorablement à sa demande. J’accepte donc de lui donner ce coup de main, mais comme j’ai accepté à contrecœur, je vais peut-être lui faire payer inconsciemment cela. Je me plaindrai peut-être à d’autres du fait que ce voisin ne peut se débrouiller seul pour ses travaux, que je suis obligée de l’aider et que cela m’ennuie… et j’en voudrai à cette personne de m’avoir demandé ce service !

Or c’est bien moi qui ai accepté cette demande de mon voisin.

Il ne s’agit pas d’un conflit avec lui. Il s’agit ici d’un conflit intrapersonnel : un conflit à l’intérieur de moi, très répandu, qui consiste à être tiraillé entre deux aspirations : le désir d’être approuvé et le désir de s’affirmer.

Et ces deux élans ne sont pas toujours compatibles.

Dans mon exemple, si je m’affirmais, je pourrais refuser ou différer l’aide qui m’est demandée par mon voisin. Cela impliquerait peut-être de renoncer à être approuvée, c’est-à-dire de renoncer à plaire à l’autre, d’aller peut-être au-devant d’une déception de mon voisin et peut-être même d’un conflit.

Or être adulte, c’est pouvoir justement renoncer à l’approbation des autres pour pouvoir s’affirmer. Cela est nécessaire pour nous respecter et exister pleinement.

Bien sûr un minimum d’approbation des autres est aussi nécessaire à notre équilibre (peu de personnes souhaitent vivre dans la désapprobation de tous !), mais à petites doses et sur des sujets peu importants. Si nous sommes trop attachés au regard des autres sur nous, nous en sommes dépendants et nous ne sommes plus nous-mêmes : nous ne sommes que réponses aux attentes (réelles ou fantasmées) des autres.

C’est pourquoi je vous invite, lorsque vous êtes tiraillés entre votre désir d’être approuvés par les autres et celui de vous affirmer, à privilégier l’affirmation. C’est ce qui fait que nous pouvons être des êtres cohérents, capables de dire oui et aussi de dire non, de façon authentique.

Je vous invite donc cette semaine à prêter attention à la façon dont vous vous positionnez dans vos relations, pour savoir si vous êtes plutôt dans l’affirmation ou dans l’approbation. Si vous le souhaitez, vous pourrez témoigner dans les commentaires sous l’article.

Bonne semaine !

Accepter ses émotions au travail

Au travail, plus qu’ailleurs, nous sommes souvent dans des attitudes de protection qui consistent à cacher nos émotions ou à les réprimer.

Il y a parfois un discours selon lequel l’individu dans le cadre de son travail se devrait de mettre de côté ses affects et sa vie personnelle… comme si nous étions deux personnes différentes, dans notre vie personnelle et dans notre vie professionnelle.

Il est vrai que les émotions n’ont pas bonne presse dans notre société en règle générale. Face à une personne émue, nous pouvons nous sentir désarmés, mal à l’aise, touchés nous aussi à notre tour ;). Et que faire de tout cela au travail?

Il existe aussi une croyance assez répandue selon laquelle lorsque nous exprimons nos émotions, nous montrons notre faiblesse. C’est vrai que parfois sommes plus vulnérables quand nous sommes émus… mais ce n’est pas le fait de cacher ou pas ce que nous ressentons qui rend fort ou vulnérable. Au contraire une personne qui accepte ses émotions peut plus facilement les gérer.

Les émotions sont ce qui est vivant en nous, elle viennent de notre être profond, elles disent quelque chose de vrai, d’authentique. Les nier revient à se bâillonner et cela peut avoir des répercussions importantes sur notre santé et nos relations. Car, vous le savez comme moi, ce n’est pas parce que l’on cache quelque chose qu’il n’existe plus 😉

Je vous propose de prendre un exemple. Edwige, salariée d’une entreprise, vit mal l’arrivée de la nouvelle stagiaire qui va s’occuper d’un dossier traité habituellement par Edwige. Cette décision a en effet été prise sans la consulter. Si Edwige n’accepte pas son émotion de colère face à cette situation, elle va peut-être la garder enfouie en elle puis la retourner inconsciemment contre la nouvelle stagiaire… qu’elle ne pourra pas supporter.

A l’inverse, si Edwige acceptait son émotion de colère, elle pourrait aller voir son chef, lui faire part de ce qu’elle ressent, de son incompréhension, demander des explications, voire même demander à conserver ce dossier si tel était son désir. Quelle que soit l’issue de la situation, en ouvrant ce dialogue et en acceptant de dire comment elle vit les choses, Edwige évitera que reste enkystée en elle cette colère et elle sortira du non-dit. En exprimant nos émotions, nous pouvons désamorcer un possible conflit ou au contraire mettre en paroles un conflit latent… ce qui est toujours bénéfique !

Je vous invite donc à exprimer vos émotions, chaque fois que cela est nécessaire, y compris au travail. Il ne s’agit pas de s’épancher complètement, simplement de pouvoir dire : « je suis en colère », « je suis triste », « je suis gêné »… afin de vivre des relations plus authentiques, y compris au travail 🙂

Je vous souhaite un très bon week-end !

PS : si cette thématique vous intéresse, j’organise un atelier sur les relations professionnelles le 23 novembre à Château-Thierry, vous pouvez cliquer ici pour avoir plus d’informations.