Des pistes pour parents en difficulté

Je réponds aujourd’hui à une question de Laure, qui rencontre une situation familiale difficile.

« Bonjour,
je m’occupe de mes 3 enfants; le papa est absent en ce moment, et quand il est là il a aussi du mal à poser des limites sans être violent(cri, brusque, mais pas de fessé) après avoir répété 10 fois la même chose.
Pour ma part, j’ai aussi des difficultés à être claire, ferme dans les règles, je m’énerve pour tout et je m’exprime le plus souvent agressivement.
Mon 2ème enfant (un garçon de 3.5 ans)est violent avec lui même et les autres et il ne respecte pas les règles: il touche tout et casse beaucoup, fait beaucoup pipi dans sa culotte…
J’en suis à ma 10ème fessée et culpabilise beaucoup en voyant que ça le rend encore plus violent.
Avez vous des pistes?
merci « 

 

Merci Laure, pour votre témoignage. Je suis touchée de connaître votre situation.

A travers votre mail, je peux imaginer que votre famille rencontre une crise, dont il s’agirait de sortir rapidement pour ne pas s’engouffrer plus avant dans la violence et la souffrance.

Je vous invite à lire mon précédent article sur la violence de l’enfant qui peut vous apporter quelques repères sur les comportements agressifs de votre fils.

Voici plusieurs pistes issues à la fois de la Méthode ESPERE® de Jacques Salomé, et de mon expérience personnelle et professionnelle, qui peuvent aider les parents en difficulté :

 

1) Proscrire la violence

Je vous propose tout d’abord d’ériger en principe dans la famille que la violence est interdite. C’est le cas dans la société, à l’école, dans la rue… il serait étrange qu’il en soit différemment au sein de la famille. Je ne vais pas entrer dans le débat qui entoure la question de l’interdiction de la fessée. Je me limiterai à dire que la violence est interdite, y compris envers les enfants.

La loi interdit toute forme de violence envers quiconque (même si dans les faits, la société tolérait jusqu’alors que les parents donnent des gifles ou des fessées).

Par ailleurs, l’enfant reproduit les comportements de ses parents et il est très difficile de faire respecter une règle par ses enfants si en tant que parents nous ne la respectons pas nous-mêmes… Sans parler bien sûr des effets des violences qui peuvent être à l’origine de blessures chez nos enfants et pour cela je vous renvoie à l’article de Muriel Salmona sur les raisons d’interdire les punitions corporelles.

Pour toutes ces raisons, je vous propose de décider de régler autrement vos conflits et d’apprendre à gérer vos émotions.

Je vous inviterai même à faire une petite cérémonie, une sorte de rituel en famille pour déclarer ensemble que la violence est interdite et que désormais vous vous engagez à faire autrement. Prendre cet engagement solennel va vous obliger à trouver d’autres solutions.

 

2) Identifier les situations à risque

Je peux imaginer que vous vivez des situations dans lesquelles vous ressentez de la frustration et de la colère.

Pouvez-vous repérer ces situations ? Pouvez-vous les changer ? C’est-à-dire pouvez-vous vous organiser différemment pour ne pas avoir à vivre ce genre de situations ?

Par exemple, si vous êtes stressée par le manque de temps le matin, vous pouvez décider de vous lever un peu plus tôt. Ou bien si vous savez que c’est le moment des courses avec vos enfants qui pose problème, vous pourriez vous arranger pour faire les courses autrement ou sans vos enfants…

Nous croyons parfois que nous n’avons pas le choix… Mais il y a bien souvent des alternatives à nos façons de procéder… qui peuvent nous permettre de limiter les situations explosives.

 

3) Apprendre à concilier les besoins de chacun

Chacun des parents a deux dimensions dans sa fonction parentale. La mère peut être dans sa dimension mère ou maman. Le père peut être dans sa dimension père ou papa.

La dimension mère ou père se situe dans le demander et le refuser : ce sont tous les moments où nous allons demander des choses à nos enfants : mettre la table, se laver, faire les devoirs… et où nous allons aussi leur dire non : pour ce nouveau jouet, pour regarder la télé, pour manger des bonbons… Ce rôle est bien sûr important et structurant.

Le rôle d’une maman et d’un papa se situe plutôt dans le donner et le recevoir : donner du temps, des câlins, des cadeaux, de l’attention, de la tendresse, dire oui, jouer… et recevoir : être à l’écoute de ce que les enfants nous disent, accueillir leurs comportements, leurs émotions… Et ce rôle est tout aussi primordial; d’ailleurs avant l’âge d’un an, seul ce rôle de papa/maman est présent, la dimension frustrante du rôle de parent apparaissant progressivement après un an avec l’apprentissage des règles et des limites.

Les enfants ont besoin de toutes ces dimensions pour se construire.

Si les dimensions père et mère sont trop présentes, il y a un déséquilibre car l’enfant manque de maman et papa. Et inversement si le papa et la maman sont trop présents, il y aura également un déséquilibre et un manque de repères pour les enfants.

Il s’agirait donc de s’assurer que vous arrivez à équilibrer vos deux dimensions de votre rôle de parent. Je vous invite à regarder vos enfants et à vous demander : de quoi ont-ils besoin là maintenant ? Vous pouvez sur une journée vous observer pour savoir si vous arrivez à alterner les 2 dimensions (mère et maman) ou si l’une des deux est plus présente. Jouez-vous suffisamment avec vos enfants ? Reçoivent-ils toute la tendresse dont ils ont besoin? Si vous arrivez à bien remplir votre fonction de maman, alors il devient plus facile de devenir la mère à d’autres moments, en conscience, pour cette fois demander et refuser des choses à vos enfants.

Bien sûr l’absence du père peut rendre la tâche plus ardue, et il serait important de voir comment il peut rester impliqué et jouer son rôle.

D’autre part, vous avez vous-même des besoins et il est vital que vous puissiez les respecter aussi, notamment en tant que femme et épouse. Vous n’êtes pas qu’une mère. 3 enfants accaparent beaucoup la mère en vous et c’est primordial que vous vous accordiez du temps.

Si vous prenez soin de vous, si avez du temps pour voir des amis et sortir en couple, vous serez plus épanouie. C’est essentiel de ne pas vous sacrifier en tant que mère : sinon, vous risquez de le faire payer à vos enfants un jour ou l’autre…

Si vous devenez une femme épanouie, tout le monde sera gagnant 🙂

 

4) Établir des règles ensemble

Je vous propose d’établir des règles de vie en famille,  de les mettre par écrit, de les faire signer par chacun des membres de la famille et de les afficher.Vous pourrez ainsi vous y référer facilement.

L’idéal étant de pouvoir créer ces règles ensemble. Vos enfants y adhéreront plus facilement s’ils ont participé à leur rédaction. Ces règles peuvent concerner le rangement de la maison, les horaires, les repas…

Vous pouvez aussi prendre le temps ensemble de prévoir les sanctions (les conséquences) si les règles ne sont pas respectées. Je vous renvoie à un article que j’ai écrit sur le blog Super parents sur cette question des sanctions.

Cela vous évitera de donner une punition injuste sous le coup de la colère.

 

4) Être à l’écoute de l’ex-enfant en vous

Là je passe à la partie « travail sur soi »… Car il n’est jamais anodin de crier, de se mettre en colère ou de donner une fessée.

Je vous invite à ce sujet à lire mes articles sur le réactionnel et le retentissement.

Ce ne sont pas nos enfants qui sont responsables de ce que nous ressentons en tant que parents: c’est nous qui sommes touchés, pour des raisons liées à notre histoire. C’est l’enfant que nous avons été qui se réveille. Je vous invite donc à prendre la responsabilité de vous occuper de votre enfant intérieur.

Nous avons tous des blessures d’enfance, plus ou moins importantes, plus ou moins apaisées… Si elles sont à vif, si elles nous font souffrir (c’est le cas lorsque l’on perd le contrôle), alors il y a un travail sur soi nécessaire à effectuer pour sortir de la souffrance et guérir de ses blessures. C’est cela qui permet de comprendre ses émotions, de pouvoir les gérer et de ne plus exploser ou se déverser sur ses enfants.

Cette souffrance n’est pas une fatalité.

 

5) Trouver des ressources pour évoluer

Plusieurs pistes sont alors possibles pour amorcer le changement relationnel.

Si vous souhaitez vous engager sur la voie de meilleures relations familiales et d’une parentalité bienveillante et respectueuse, je vous invite à trouver des lectures pour vous ressourcer. Vous pouvez lire les livres de Jacques Salomé et ceux d’Isabelle Filliozat qui peuvent vous aider. Sur mon blog et sur celui de super parents, vous trouverez aussi plein d’informations et d’idées à glaner pour mieux vivre avec vos enfants.

Au-delà des lectures, je vous invite à chercher de l’aide auprès de professionnels. Dans certaines villes, il existe des maisons des parents où sont organisées des rencontres avec des professionnels, des conférences…Rencontrer d’autres parents, échanger sur ses difficultés et sur ses forces permet de se sentir moins seul et de progresser, d’apprendre à faire autrement.

Être parent, c’est un véritable chemin initiatique.

Personnellement, la voie que j’ai choisie pour mieux vivre mes relations, c’est la Méthode ESPERE®, je suis praticienne agréée de cette méthode et j’y trouve aussi les ressources nécessaires en tant que maman.

Cette pédagogie de la communication donne à la fois des outils concrets pour améliorer les relations parent-enfant…. tout en permettant un travail intérieur pour guérir de nos blessures.

Si cette méthode vous parle, vous pouvez l’expérimenter auprès d’un praticien en individuel ou en atelier de groupe.

Voici mon site les chemins de la relation si vous souhaitez que je vous accompagne.

Voici le site de l’institut ESPERE international pour trouver un praticien proche de chez vous.

 

Je vous souhaite d’oser mettre en œuvre dans votre vie le changement relationnel… ce sera un magnifique cadeau que vous vous ferez, ainsi qu’à votre famille.

 

 

3 responses .

  1. Patrice dit :

    Merci Anaïs pour ces éclairages très intéressants et inspirants.
    Patrice

  2. Vos pistes de réflexion sont très intéressantes et très justes, j’aime beaucoup votre blog.
    Juliette

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