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Mes vœux relationnels

Anaïs EUVERTE post on janvier 1st, 2016
Posted in Les relations humaines Tags:méthode espere , voeux

recevoirVoici une nouvelle année qui commence et je souhaite à chacun qu’elle soit remplie de joie et de lumière.

Je vous souhaite d’oser être vous-même : d’oser vous positionner chaque fois que le respect de vous-même en dépend et d’oser dire oui ou non, non pas en fonction des autres, mais bien en vertu de vous-même. Je vous souhaite d’avoir ce courage-là d’être vous-même, sans pour autant vous opposer aux autres, simplement en leur offrant votre présence authentique.

Chaque jour qui passe peut être un renouveau, pour vous-même et aussi pour les relations que vous entretenez avec les autres.

Ne vous découragez pas s’il y a des obstacles, ils font partie du chemin… et à l’intérieur de vous-même, il y a toujours une petite lumière, qu’il s’agit de nourrir et de protéger.

A l’aube de cette nouvelle année, je vous engage vivement à continuer à vous responsabiliser… c’est-à-dire à conscientiser la part de votre responsabilité au cœur de chacune de vos situations de vie. Trop souvent nous accusons les autres en oubliant de regarder à l’intérieur de nous et c’est pourtant à l’intérieur de soi que tout se passe…

Au contact avec votre propre responsabilité, prenez conscience de votre propre puissance et vous pourrez ainsi arrêter de croire que ce sont les autres qui gouvernent votre vie.

Vous découvrirez ainsi cette opportunité fabuleuse qui est celle de pouvoir choisir la façon dont on vit les choses…

Chaque jour qui passe est une opportunité pour aller vers le meilleur de soi, quel que soit l’endroit d’où nous partons.

Alors je vous souhaite bonne route sur ce chemin, sur lequel je compte continuer à vous accompagner grâce au blog ESPERE 🙂

 

 

 

 

Comment aider une personne victime de violence conjugale

Le livre Violence conjugale : écouter et aider
J’ai récemment écrit et publié un ouvrage intitulé « Violence conjugale : écouter et aider ». Dans ce livre, je mets à disposition des professionnels, mais aussi de toute personne en contact avec des victimes, des informations, une méthodologie d’écoute et des pistes d’orientation.

Dans cet article, je vous transmets des informations utiles pour pouvoir aider les personnes victimes de violence que vous pouvez rencontrer dans votre vie personnelle ou professionnelle.

Il y a environ une femme sur 10 qui subit des violences au sein du couple, par conséquent nous sommes tous en contact avec des personnes concernées, même si nous l’ignorons. Certains hommes subissent également des violences conjugales.

Lorsqu’on se trouve au contact d’une personne victime de violence conjugale, on se sent souvent impuissant et malheureux.

C’est d’autant plus vrai lorsque c’est notre ami(e), notre collègue ou notre sœur qui subit des violences. Il est très difficile de voir un proche souffrir et sombrer dans l’emprise. Comment aider sans être intrusif ? Comment parler de ce sujet si difficile ? Comment être présent sans se surinvestir dans une situation qui n’est pas la nôtre ?

Bien souvent, nous donnons des conseils, nous tentons de convaincre la personne que la situation dans laquelle elle se trouve est dangereuse ou mauvaise pour elle… Mais force est de constater que cette attitude ne fait que renforcer la dépendance de la personne victime et qu’elle n’est donc pas véritablement aidante.

Je vais vous livrer quelques conseils pour trouver le positionnement juste. Ces conseils sont tirés de ma propre expérience professionnelle, ayant travaillé pendant 6 ans auprès des victimes de violences conjugales quotidiennement.

Au préalable, rappelons que la violence constitue une atteinte à la personne et que toute forme de violence est interdite par la loi : violence psychologique, verbale, physique, sexuelle…

Voici 4 clés pour venir en aide à une personne victime :

1. Parler, poser des questions

La personne victime de violences conjugales est souvent enfermée dans un silence toxique. Elle ne trouve pas la force de parler de ce qu’elle vit car elle est envahie par des sentiments de honte et de culpabilité. Elle a peur de rencontrer l’incompréhension de ses proches. Une personne victime est souvent menacée par son conjoint si elle parle.

Pour toutes ces raisons, si vous trouvez que votre amie, sœur, collègue, voisine… a un comportement inhabituel, qu’elle est triste, qu’elle semble craindre son compagnon… je vous invite à oser lui poser la question : « comment ça se passe dans ta relation de couple ? Est-ce qu’il y a de la violence ? » Sans poser la question, vous risquez de passer à côté de son vécu, elle n’osera probablement pas vous parler ce ce qu’elle vit.

Même si elle répond par la négative dans un premier temps, elle saura qu’elle peut aborder le sujet avec vous le jour où elle se sentira prête.

2. Écouter sans juger

Si elle est prête à parler, vous pourrez alors accueillir ce qu’elle dit sans la juger.

Il s’agit en tant qu’écoutant d’accepter que je ne sais pas à la place de l’autre ce qui est bon pour lui. Cela demande une bonne dose d’humilité et d’empathie.

Cette écoute va permettre à la personne d’être enfin entendue dans ce qu’elle vit et cette attitude est très précieuse. Je vous invite à lire ou relire mon article sur l’écoute pour approfondir vos compétences en la matière.

Par ailleurs, cela va vous permettre de l’aider à identifier ses besoins. Vous pourrez lui demander : « de quoi as-tu besoin? », ce qui vous donnera des pistes pour proposer votre aide ensuite le cas échéant.

Il est très difficile de ne pas juger : souvent, nous jugeons ce que nous ne comprenons pas. Or la violence conjugale est un phénomène complexe. Pour plusieurs raisons, il est difficile de quitter un partenaire violent et cela se fait souvent en plusieurs étapes, avec des allers-retours. Même si cela vous paraît incompréhensible, je vous invite à ne pas juger ce processus.

3. Rappeler la loi

Vous pouvez à bon escient rappeler à cette personne que la loi interdit toute forme de violence et que face à des actes de violence, la victime a des droits. Des personnes peuvent l’aider à les faire valoir. La victime a notamment le droit de déposer plainte.

Cela lui permettra de commencer à se sentir moins coupable de ce qu’elle vit. La personne victime croit souvent qu’elle est responsable de la violence qu’elle subit car c’est ce que lui dit son agresseur.

4. Proposer son aide et passer le relais

Une fois que vous avez identifié quels sont ses besoins et ses priorités (être soutenue psychologiquement, trouver un logement ou un hébergement, être informée sur ses droits…), vous pouvez l’orienter vers les partenaires qui vont l’aider dans ses démarches : associations qui aident les victimes de violences, assistant social, thérapeute…

Si vous en avez la possibilité et le désir, vous pouvez aussi proposer votre propre aide pour héberger la personne, garder ses enfants pendant qu’elle fait des démarches…

Un numéro à connaître et à donner dans tous les cas  : le 3919. C’est le numéro national d’écoute et d’orientation pour les victimes de violences conjugales.

 

A travers votre écoute et votre bienveillance, vous avez un vrai rôle à jouer… chacun peut participer à ce que les personnes victimes puissent enfin se dire et être entendues dans ce qu’elles vivent… et enfin aller vers le meilleur d’elles-mêmes.

 

Si vous souhaitez aller plus loin, je vous invite à vous procurer mon livre : vous y trouverez une méthodologie d’écoute et d’accompagnement ainsi que les informations juridiques importantes à donner aux victimes.

Je l’ai écrit pour les professionnels mais le langage est simple et je sais qu’il aidera aussi les proches des victimes.

Vous pouvez le commander à l’adresse suivante :

http://www.thebookedition.com/violence-conjugale–ecouter-et-aider-anais-euverte-p-128993.html

 

Voici d’ailleurs une vidéo de présentation de mon livre :

 

SOS tempête émotionnelle

ConflitDans cet article, je vous donne quelques clés pour gérer les moments difficiles.

Quand nous sommes touchés, envahis par une émotion et que nous ne savons pas comment l’évacuer, nous risquons de déposer sur l’autre des paroles ou des comportements négatifs. Ceux-ci peuvent altérer la relation que nous avons avec l’autre, c’est pourquoi il est très important d’apprendre à écouter et à évacuer ses émotions.

Si nous ne sommes pas libres de nos émotions car nous ne pouvons pas ne pas ressentir quelque chose qui est là, présent à l’intérieur de nous, nous pouvons toutefois agir sur notre réaction.

Voici plusieurs idées à mettre en pratique dans les moments de crise, quand vous sentez que vous êtes dans une émotion négative, surtout la colère, et que vous risquez d’entrer dans le réactionnel. Vous pouvez afficher cette liste chez vous et la compléter bien sûr.

 

10 idées à mettre en place en cas de tempête émotionnelle

Quand je suis envahi par une émotion, que je risque de perdre mes moyens et d’abimer ma relation avec les autres, je peux :

 
1) M’isoler, quitter la pièce, aller marcher

 
2) Taper sur un coussin (en cas de grosse colère)

 
3) Me demander : « qu’est ce qui est touché en moi (pour que ressente cela) ?» pour me recentrer sur mon vécu

 
4) Visualiser mon émotion en la représentant par un objet ou en la dessinant

 
5) Écouter l’autre (me taire) même si je ne me sens pas en accord avec ses propos

 
6) Utiliser le « je » pour dire ce que je ressens, sans dénigrer, accuser ou dévaloriser l’autre

 
7) Penser aux conséquences qu’une parole ou un comportement négatif aura sur la personne et sur la relation

 
8) Me demander si dans quelques heures ou quelques jours, je penserai, dirai ou ferai toujours cela

 
9) Dire les paroles négatives que j’ai envie de dire dans ma tête ou les écrire sur un papier (afin de ne pas les déverser sur l’autre)

 
10) Me (re)connecter aux sentiments positifs que j’ai pour cette personne

 
Je me rappelle à chaque instant que je suis le seul responsable de ce que je ressens.

 

Quels timbres collectionnez-vous ?

Eight blank postage stamps, vector colored templates with place for your images and text

Drôle de question, n’est-ce pas 😉 ?

Je vous propose aujourd’hui de découvrir une notion issue de l’analyse transactionnelle : les timbres psychologiques.

L’analyse transactionnelle est un outil d’évolution et de communication développé par Eric Berne et qui est très complémentaire de la Méthode ESPERE®.

Je dis souvent aux personnes que j’accompagne que la communication authentique et bienveillante implique de pouvoir dire ce que l’on vit au moment où on le vit. Traiter les problèmes au fur et à mesure qu’ils se présentent est en effet un bon moyen de prévenir les conflits.

Eric Berne, dans son approche de l’analyse transactionnelle a développé la notion de timbres psychologiques. Il a constaté que la plupart des personnes collectionne des timbres pour les échanger ensuite contre un certain type de comportement. C’est un peu comme lorsqu’on collectionne un certain nombre de timbres dans une grande surface en fonction de ses achats, et qu’ensuite on peut choisir de les échanger contre un cadeau.

Les timbres psychologiques sont comme des mauvais points que nous attribuons inconsciemment à l’autre sans le lui dire.

Par exemple, je suis exaspérée car mon collègue ne m’a pas rendu un dossier en temps voulu mais je ne le lui dis pas : je vais inconsciemment coller un timbre dans mon carnet concernant ma relation avec lui. Puis si mon collègue fait d’autres erreurs ou adopte un comportement qui ne me convient pas… et que je continue à ne rien dire, je vais coller d’autres timbres… Au bout d’un certain temps, il y a fort à parier que je vais exploser, et entrer dans le réactionnel, en lui disant par exemple : « tu es insupportable, tu ne fais jamais rien correctement ! »… C’est le fameux cadeau échangé contre les timbres, une entrée en opposition avec l’autre, fracassante ! Ce que Eric Berne appelle un « jeu » psychologique.

Le concept de timbres psychologiques est particulièrement intéressant car il nous montre bien que le fait de se taire ou de dissimuler ce que l’on ressent vraiment a toujours un prix… que nous allons ensuite faire payer à l’autre… A moins que nous préférions le faire payer à nous-même à l’aide de maladies et de somatisations diverses, par exemple… 😉

Ce concept permet aussi de comprendre pourquoi il est si difficile de pardonner vraiment à l’autre : pardonner signifierait accepter de ne pas coller de timbre par rapport au comportement qui fait problème. Or le mécanisme des timbres psychologiques est inconscient, et certaines personnes disant avoir pardonné se retrouvent en réalité dans une situation où elles éprouvent toujours de la rancœur.

C’est pourquoi, dans la Méthode ESPERE®, Jacques Salomé nous propose plutôt de mettre des mots sur notre vécu : « quand tu oublies de me rendre mon dossier dans les temps, je me sens en colère, stressé… » et parfois, pour les faits plus graves, voire des violences, il nous invite à restituer symboliquement,  une démarche qui nous permettra de rendre à l’autre, le mauvais que nous avons reçu.

Nous faisons toujours payer à l’autre ou à nous-même le prix de notre propre soumission.

Au lieu d’accumuler en vous rancœurs, colère, agressivité, déceptions…, je vous propose de dire les choses que vous avez sur le cœur, vos ressentis… de sortir du silence. Cela ne se fait pas n’importe comment. Pour entretenir des relations en santé, quelques règles d’hygiène sont à respecter, notamment le fait de communiquer en disant « je » plutôt que d’accuser l’autre.

Cela demande un certain courage, mais c’est tellement plus sain pour vos relations ! Pensez aux fois où vous explosez de colère et où vous dites des choses qui vont même au-delà de ce que vous pensez…

Si le sujet des timbres psychologiques vous intéresse, je vous invite également à lire ou à relire mon article au sujet des vases communicants ici.

Ce qui n’est pas dit ou pas réglé dans une relation a forcément des répercussions sur nous-même ou sur les autres.

 

Le moteur du changement

Lorsque l’on commence à lire des livres de développement personnel, à aller voir un thérapeute ou à lire un blog sur les relations humaines 😉 , c’est souvent que l’on a le désir de changer des choses dans sa vie. Que l’on vive des conflits, des insatisfactions, une crise existentielle, une séparation… la vie n’est pas aussi délicieuse que ce que nous espérons, alors nous nous mettons en quête d’évolution.

Changer, oui… mais comment ?

Rappelons d’abord que le plus grand piège des relations humaines est de vouloir changer… l’autre. Cette attitude est l’anti-changement par excellence ! Lorsque je crois que c’est l’autre qui doit évoluer, qui devrait se faire aider, qui a un problème… je fais l’économie de mon propre changement.

La Méthode ESPERE® nous propose, à l’inverse, le concept de responsabilisation, que je vous propose de découvrir.

Entrer en responsabilisation consiste à devenir capable de prendre la responsabilité de tout ce qui nous arrive. C’est une démarche intérieure très puissante.

Prendre la responsabilité ne signifie pas se culpabiliser : il n’y a pas de notion de faute ici… Il s’agit plutôt d’introduire plus de conscience dans notre vie.

Chaque situation présente dans notre existence, est nôtre puisque nous sommes amenés à la vivre.

Par exemple, cet homme qui vit une situation de harcèlement moral au travail, comment peut-il se responsabiliser face à ce qui lui arrive ?
Se responsabiliser ne signifie pas s’auto-accuser de ce qui se passe en se reprochant à lui-même le fait d’être harcelé, ou en se disant qu’il l’a bien mérité…

Se responsabiliser consisterait plutôt à se demander « qu’est-ce qui fait que je me retrouve dans cette situation ? A quoi cette situation fait-elle écho ? » C’est ainsi s’interroger sur le retentissement de cette situation : toute vécu actuel trouve sa source ou sa raison d’être quelque part dans notre passé.
Si nous ne mettons pas de la conscience dans ce qui nous arrive, nous risquons de vivre des situations et des difficultés similaires jusqu’à ce que nous puissions changer et guérir cette partie de nous qui est en souffrance.
Dans l’exemple de cet homme victime de harcèlement, il a rencontré cette situation dans chacun de ses environnements professionnels… Cela a donc bien un sens dans sa vie. Pourra-t-il le voir et accepter de regarder à l’intérieur de lui ce qui co-crée cette situation ?

Car nous sommes coauteurs de toutes les situations relationnelles de notre vie.

Nous sommes donc bien la seule personne à pouvoir transformer une situation.

Comme nous le dit Jacques Salomé, « la porte du changement ne peut s’ouvrir que de l’intérieur ».

Dans l’exemple de cet homme, il s’agirait de pouvoir s’interroger : « que puis-je faire de cette situation? Comment est-ce que je désire la transformer ? Que vais-je mettre en place pour me sortir de là ? »

La responsabilisation, pour être juste, s’accompagne de cette posture bienveillante vis-à-vis de soi-même, celle qui peut accepter que nous fassions des erreurs sans nous juger, un peu comme nous le ferions avec un enfant qui apprend et qui ne réussit pas du premier coup 😉

Ce qui est fabuleux dans cette façon d’envisager la vie, c’est de se rendre compte à quel point nous sommes puissants pour créer et transformer notre réalité.

J’espère que vous envisagez l’ampleur  de votre puissance intérieure à travers cette démarche de responsabilisation

 

Je vous propose aussi de (re)lire ce conseil de lecture au sujet du changement.

Éduquer en conscience

En tant qu’adultes qui nous occupons d’enfants à titre personnel ou professionnel, nous sommes souvent confrontés à ce piège : confondre l’enfant présent devant nous avec l’enfant que nous avons nous-même été (ou notre enfant intérieur).

Cette confusion peut nous amener à des comportements qui peuvent nuire à la relation parent-enfant ainsi qu’à l’épanouissement de l’enfant.

 

1) Les signes de la confusion entre notre enfant et notre enfant intérieur

Voici des comportements que nous pouvons avoir lorsque nous sommes dans cette confusion :

  •  Donner à notre enfant ce dont nous avons eu besoin étant petits

Pensez à tout ce que vous donnez à votre enfant. Êtes-vous sûr que cela correspond à ses besoins ? Ou est-ce votre propre manque que vous comblez ?

Les enfants, d’ailleurs, ne sont pas dupes. Si vous les étouffez de votre tendresse parce que vous en avez manqué étant petit… la tendresse que vous leur donnez ne leur est pas destinée… ils n’en veulent alors généralement pas.

Si vous être très stricts, parce que vous aviez besoin de repères et de limites et que vous n’en avez pas suffisamment eus étant enfant, c’est le même processus.

Si vous obligez vos enfants à faire des études longues car vous n’en avez pas eu la possibilité, l’intention en est peut-être louable, mais en réalité n’est-ce pas là une sorte de réparation vis-à-vis de vous-même?

La difficulté est là de passer à côtés des réels besoins de votre enfant.

 

  • Éduquer en fonction de l’éducation que nous avons reçue

En tant que parents, nous sommes généralement amenés à proposer deux types d’éducation:

– le modèle de nos parents : nous trouvons que la façon dont nos parents nous ont élevés était très bonne, alors nous calquons l’éducation de nos enfants sur ce modèle

– le contre-modèle de nos parents : au contraire, nous pensons que la façon de faire de nos parents n’était pas adéquate, alors nous nous efforçons de faire l’inverse.

Or dans les deux cas, nous raisonnons toujours en fonction de ce que nous avons vécu en tant qu’enfant et non en fonction de l’enfant que nous devons élever…

 

C’est pourquoi d’ailleurs les idées que nous avons sur l’éducation avant de devenir parents peuvent radicalement changer avec l’arrivée de l’enfant 😉 Et c’est tant mieux : cela montre que nous nous adaptons à l’enfant qui est devant nous sans nous accrocher à une idée rigide…

 

 2) Vers une éducation plus consciente

Pouvoir éduquer un enfant en conscience implique de connaître les besoins, les manques et les blessures de l’enfant que nous avons été.

Votre enfant ne peut en aucun cas réparer l’enfant en souffrance que vous avez été.

Vous seul pouvez apaiser votre enfant intérieur qui est en souffrance, en faisant éventuellement un travail de guérison. La Méthode ESPERE permet de faire ce travail grâce aux démarches symboliques. Il est ainsi possible de symboliser notre enfant intérieur et d’en prendre soin. Cela permet de guérir des blessures… et de bien faire la différence entre la petite fille ou le petit garçon que nous avons été et l’enfant que nous éduquons. (Si vous souhaitez en savoir plus sur les démarches symboliques, je vous invite à vous abonner à mon blog, je vous enverrai ainsi mon e-book sur ce thème 😉 )

Face à l’enfant que nous accompagnons, un positionnement favorisant serait d’être centré sur les besoins de cet enfant, d’apprendre à connaître cet être unique avec son propre univers, ses propres émotions… forcément différents des nôtres. Nous sommes donc amenés à nous décentrer de nous-même pour pouvoir être à l’écoute de l’enfant… et enfin le rencontrer.

Être à l’écoute de l’enfant pour répondre à ses besoins est une approche qui permet d’entrer en relation vraie avec lui. C’est ce qui fait aussi qu’il n’y a pas de recette miracle pour élever un enfant… chacun étant différent 😉

 

Pour aller plus loin, je vous invite à consulter ces deux articles : la distinction entre désir et besoin et quelques conseils pour écouter.

 

 

La communication dans le couple

Bonjour,

Je partage avec vous cette vidéo d’un atelier animé par Guy Corneau et Jacques Salomé, sur le thème de la relation de couple.

Je vous souhaite un bon moment 🙂

 

 

Réflexion sur la relation d’aide

Mon métier d’accompagnante en relation d’aide me conduit à m’interroger souvent sur la relation que j’entretiens avec les personnes que j’accompagne.

Je vous propose aujourd’hui quelques réflexions sur cette relation qui s’engage dans toute démarche thérapeutique ou plus largement dans un travail d’accompagnement. Cette relation entre une personne en demande d’aide et le professionnel qui se propose de l’accompagner.

Comme vous le savez, une relation a toujours deux extrémités. Chacune des personnes tient un bout de cette relation et est responsable de son extrémité.

Dans une relation d’aide et d’accompagnement, que se passe-t-il à chacune de ces extrémités ?

  • Voyons d’abord ce qui se passe du côté de la personne accompagnée.

Pour beaucoup de personnes, il est difficile de demander de l’aide, de reconnaître que quelque chose ne va pas et d’admettre qu’on est dans l’impossibilité de résoudre ce problème seul.

On me demande parfois : « est-ce que j’ai besoin de venir vous voir, est-ce que j’ai besoin d’être aidé? »… or je crois que la réponse appartient à chacun : il revient à chacun de savoir quel est son besoin et s’il souhaite être accompagné.

D’expérience, les personnes viennent souvent consulter un praticien quand les difficultés deviennent vraiment insurmontables et qu’elles ont acquis la certitude qu’elles ne s’en sortiraient pas par elles-mêmes… Et elles attendent ensuite que ce travail devenu urgent porte ses fruits de façon immédiate… or les changements peuvent mettre du temps à se mettre en place, ce qui peut engendrer de la déception chez l’accompagné.

Pour moi, le critère qui devrait amener à faire un travail sur soi-même est double : il y a d’abord la conscience que quelque chose chez nous ou dans notre vie ne va pas tout à fait comme on le souhaiterait… et donc une forme de gêne ou de souffrance vis-à-vis de cette situation. Il n’est pas nécessaire, je le rappelle, d’être au bord du suicide pour consulter… Car même s’il n’est jamais trop tard, il est plus difficile de sortir d’une dépression sévère que d’une baisse de régime passagère…

Cette conscience de la difficulté, si elle s’accompagne par ailleurs d’un désir de changement, peut amener la personne à réaliser ce travail sur soi.

Travailler sur soi est en effet un processus de changement et celui-ci ne peut se faire qu’à condition d’en être volontaire.

Comme le dit Jacques Salomé : « La porte du changement ne peut s’ouvrir que de l’intérieur ».

Bien sûr, les résistances sont au programme de toute démarche d’introspection et de changement, et c’est à travers la relation avec le praticien que ces résistances vont être traversées et dépassées.

Travailler sur soi est courageux, cela implique de remettre en cause des schémas, des modes de fonctionnement, des croyances… de lâcher certaines choses pour en créer d’autres, plus adaptées à la personne que nous sommes devenue. Le changement, c’est l’inconnu, et cela peut nous renvoyer à des peurs. C’est pourquoi j’ai un respect profond pour toutes ces personnes qui me font l’honneur et la confiance de venir me voir, de me raconter leur vie, leurs difficultés…

 

  • Que se passe-t-il du côté de l’accompagnant ?

L’accompagnant tente, à l’aide de l’outil auquel il s’est formé, de permettre à la personne de s’entendre… et de s’autoriser à changer.

Il y a de son côté également parfois des doutes, des incertitudes… Chaque rencontre est unique et nous engage pleinement en tant que professionnels.

De façon plus personnelle, je voudrais vous témoigner de ce qui est selon moi le vrai moteur du changement, bien au-delà des outils et des méthodes utilisés par le praticien.

Ce moteur, c’est l’Amour.

L’Amour au sens de l’acceptation inconditionnelle de l’autre… celui qui permet de regarder l’autre comme un être unique et exceptionnel et de se sentir relié à lui.

Je suis devenue accompagnante en relation d’aide car je me sens nourrie et portée par les rencontres vraies, je me sens éblouie par les possibles de chacun et cette puissance de vie présente en chaque personne.

Voici ce que j’ai envie de dire et de transmettre aux personnes que je reçois :

« Tu as le droit d’être là, avec tes difficultés et tes ressources… et je t’accueille tel que tu es.

Je ne vais pas te demander de changer, mais si tu as envie de changer, je suis là pour t’accompagner sur cette route vers l’inconnu. Je n’ai pas de désir sur toi, j’ai juste celui de te rencontrer tel que tu es vraiment, derrière tes masques, et tes paroles, derrière ce que tu as appris, derrière le paraître.

Je n’ai pas de réponse pour toi, cela peut t’insécuriser parfois.

Je ne suis pas au-dessus de toi car je suis humaine, traversée aussi d’ombre et de lumière…

Je ne prendrai pas de décision pour toi, même si parfois je te partagerai mon ressenti.

C’est peut-être la première fois que quelqu’un t’accueille ainsi.

Je crois en toi, car je crois que chacun a les ressources en lui pour faire son chemin.

Mon rôle est simplement de te permettre de voir que tu es suffisamment puissant pour faire face à ce qui t’arrive….et créer ta vie. »

Voilà la façon dont j’ai aimée être accompagnée et la manière dont j’aspire à accompagner les personnes que je reçois au quotidien.

C’est en tous cas une aventure dont on sort transformé, tant du côté de l’accompagnant que du côté de l’accompagné 😉

Si vous avez envie de témoigner ou de poser des questions sur ce sujet, je vous invite à laisser un commentaire.

Si ce thème vous intéresse, je vous invite à visionner la vidéo de Jacques Salomé que j’ai postée dans cet article.

 

A bientôt !

 

 

Ecouter l’enfant

Je réponds aujourd’hui à une demande d’une maman :

« Mon fils de 8 ans a tous les ans à la même époque, c’est à dire depuis 2 ans après les vacances de la Toussaint, une désorganisation et déconcentation à l école. Il est ailleurs. Merci de m’aider. »

 

Quand je lis votre question, je suis tentée de répondre dans la simplicité car il me semble que votre enfant n’est pas le seul dans ce cas.

1) Désorganisation et déconcentration peuvent être simplement les symptômes d’une fatigue. Il s’agirait de vérifier si votre enfant dort bien et se nourrit de façon équilibrée. Si ce changement de comportement intervient après des vacances, il est possible que ce soit lié au changement de rythme.

Nous exigeons souvent beaucoup de nos enfants, les emplois du temps entre l’école et les loisirs sont parfois chargés pour eux. C’est peut-être aussi le signe qu’il a besoin de souffler ou de rêver, d’où son comportement d’être ailleurs.

Mais peut-être vit-il des choses difficiles à l’école, avec son professeur ou avec ses camarades de classe. Il peut aussi vivre difficilement quelque chose au sein de sa famille (conflit entre les parents, avec ses frères et sœurs…) : ce n’est pas parce ce que le comportement se passe à l’école, que c’est lié à l’école.

Il s’agirait d’observer votre enfant pour en savoir plus et d’engager un dialogue à ce sujet pour identifier ce qu’il vit et de quoi il aurait besoin.

Les questions clé pour vous guider sur cette première piste serait « qu’est-ce qui se passe pour toi ? de quoi as-tu besoin? »

 

2) Si vous pensez qu’il ne s’agit pas d’un besoin non comblé de votre enfant et que vous ne pouvez pas relier ce comportement à une situation vécue, rappelez-vous que les comportements des enfants sont des langages.

Votre fils dit par ce comportement quelque chose qu’il ne dit pas autrement.

Là encore, seule l’écoute que vous pouvez lui proposer permettra d’en savoir plus.

La question clé pour vous guider sur cette 2ème piste serait « que tentes-tu de dire? »

Vous notez que ce comportement se reproduit depuis 2 ans à la même époque, est-ce que vous pouvez relier cela à un événement précis qui serait survenu à la Toussaint (décès, déménagement, séparation, perte d’un animal….)? Cela peut vous guider également.

Vous pouvez vous demander la même chose à votre sujet : est-ce que cette période est chargée pour vous émotionnellement, symboliquement ? Car les enfants ressentent cela, il entendent au-delà des mots les souffrances non dites de leurs parents.

 

Ce sont simplement des pistes d’écoute que je vous livre là.

Dans tous les cas, il ne s’agit pas de coller à un comportement d’enfant une explication que nous aurions en tant qu’adulte, mais bien de montrer à l’enfant que nous entendons, nous remarquons son comportement et de lui permettre ainsi d’être entendu…. La réponse étant bien sûr chez l’enfant.

Pour approfondir cette question de l’écoute, je vous invite à lire mon article sur le sujet : quelques pistes pour écouter.

 

N’hésitez pas à nous tenir au courant !

5 conseils pour gagner en maturité relationnelle

Road in fieldDans cet article, je vais vous révéler 5 conseils qui peuvent vous permettre de développer votre maturité relationnelle.

Ce sont des conseils issus de la Méthode ESPERE® de Jacques Salomé et que je partage régulièrement en entretiens individuels et en ateliers.

La maturité relationnelle est pour moi la possibilité de se positionner en tant qu’adulte dans nos différentes relations. Il s’agit de devenir capable d’exister, de s’affirmer, d’être soi-même de façon authentique, en restant bienveillant envers les autres…

Voici donc 5 pistes à suivre pour aller dans ce sens.

 

1) Arrêter d’attendre de l’autre ce qu’il ne peut pas nous donner

Avez-vous remarqué à quel point nous nous obstinons parfois à demander à quelqu’un ce que justement il est dans l’impossibilité de nous donner ?

A notre chef plein de froideur, nous allons demander de la compréhension et de la reconnaissance… De notre conjoint qui ne parle pas beaucoup de lui, nous allons exiger qu’il nous raconte ce qu’il ressent…

Il y a quelque chose d’insensé à continuer de réclamer à l’autre ce qu’il ne peut pas nous donner… C’est un peu comme de demander du pain à son boucher 😉

Nous pouvons cesser d’entretenir des souffrances inutiles en arrêtant ces demandes stériles dont nous savons qu’elles ne pourront être comblées.

Il s’agit de se responsabiliser : je ne peux pas changer l’autre, mais je peux changer ma relation à lui en acceptant ce qui est (ou en décidant de ne plus demeurer dans cette relation si elle est mauvaise pour moi bien sûr).

 

2) Se rappeler que l’autre n’est pas au service de mes besoins

Quelle que soit la nature de la relation que nous avons avec l’autre, rappelons nous que les seuls responsables de nos besoins, c’est nous-mêmes.

Si j’ai besoin d’écoute, d’attention, de tendresse… cela n’oblige pas les autres à combler ces besoins. Beaucoup de relations, de couple notamment, reposent sur ce malentendu totalitaire, qui consiste à croire que l’un est au service de l’autre : « j’ai besoin de toi », « tu dois être là pour moi »…

Seuls les parents sont en charge des besoins de leurs enfants, jusqu’à ce que ces derniers soient capables d’y répondre par eux-mêmes…

C’est précisément ce qui fait de nous des adultes : notre capacité à répondre à nos besoins par nous-mêmes. Ainsi, ce que je ne peux trouver dans une relation (par exemple l’écoute), je peux sans doute le trouver ailleurs, auprès d’une autre personne.

Nous gagnerons ainsi en maturité en prenant en charge par nous-mêmes nos propres besoins.

 

3) Ne pas interpréter le comportement de l’autre

Il s’agit d’arrêter de faire des suppositions et conclusions hâtives. Par exemple, « s’il a agi comme ça c’est qu’il ne m’aime pas ».

Les sentiments et la relation sont distincts, c’est une des règles d’hygiène relationnelle essentielles de la Méthode ESPERE®. Je peux tout à fait ne pas être en accord avec le comportement de quelqu’un sans pour autant remettre en question mes sentiments pour lui.

D’autre part, les conclusions que nous tirons face au comportement d’une personne sont bien souvent erronées, tout simplement car nous regardons le monde avec nos propres lunettes, notre propre grille de lecture qui ne peut pas être celle de l’autre. Par exemple, mon collègue ne m’a pas dit bonjour ce matin. Je peux imaginer qu’il est fâché contre moi. Et en réalité, c’est simplement qu’il était absorbé dans ses pensées.

Vous connaissez probablement des tas d’exemples de malentendus de ce type.

C’est pourquoi je vous invite à rester à votre bout de la relation et à ne pas interpréter le comportement de l’autre. Vous pouvez vous aider de l’écharpe relationnelle, un outil qui vous permet de vous responsabiliser à votre bout de la relation.

 

4) Vivre ses relations dans l’ici et maintenant

Prendre le risque d’un échange au présent, c’est accepter de ne pas faire référence à ce qui s’est passé hier ou l’année dernière. C’est ne pas conditionner nos réponses aux événements du passé.

Exemple : dans une relation de couple, nous faisons parfois payer à l’autre des comportements qui nous ont déplu : je refuse d’aller chez tes parents à Noël car l’année dernière tu n’as pas voulu aller chez les miens.

Cela pollue beaucoup les relations et je vous inviterai plutôt à  ne pas tenir de comptabilité sur ce qui a été fait et donné par l’un ou l’autre.

Oser vivre l’instant présent…Oser regarder la personne que nous côtoyons depuis quelque temps, oser l’écouter d’une façon nouvelle, sans préjugé… Sinon nous risquons de l’enfermer dans ses comportements passés… et de passer à côté de qui elle est aujourd’hui.

 

5) Renoncer à la relation  idéale

Il n’existe pas de relation parfaite. Il y a seulement des relations et ce qui circule dedans peut être positif et aussi parfois négatif.

Vouloir que tout soit parfait et sans obstacle, c’est se donner une mission impossible, à soi et à ses proches.

Je vous engage donc à accepter d’être imparfaits, à accepter les autres également…

Plus d’humilité dans nos relations facilite vraiment la vie et nous fait grandir indéniablement.

 

J’espère que ces quelques pistes vous aideront à grandir et à faire évoluer vos relations de façon positive.

A bientôt !