Category Archive:La relation d’aide

Rire et grandir

Nous avons parfois la croyance que le travail sur soi est difficile, lourd, chargé de passages douloureux… Même si cela peut être le cas, j’ai aussi l’expérience que travailler sur soi peut se faire dans la légèreté.

Il est tout à fait possible d’allier légèreté et profondeur.

Oui, le travail sur soi peut amener le rire. Et l’on travaille sacrément bien en riant 🙂

Rire lorsque nous prenons du recul sur nos propres aveuglements, sur nos croyances qui paraissent d’un seul coup dérisoires…

Rire aussi lorsque nous réalisons que parfois tout est dans notre tête, dans notre imaginaire… et pas forcément chez l’autre.

Rire lorsque l’on ose dire quelque chose d’indicible et que le monde semble soudain plus lumineux, grâce au regard bienveillant de l’autre.

Rire lorsque l’on fait l’expérience de l’acceptation totale de l’autre.

Rire lorsque l’on guérit.

Rire lorsque l’on trébuche.

Parce que même à travers les larmes, il y a encore de la joie. La joie est intérieure et elle ne nous a jamais complètement quitté, même si elle s’est parfois endormie…

L’amour et le rire sont si proches : j’accepte l’autre et je peux rire car je perçois sa beauté et sa force intérieures… je sais que chacun est un cadeau.

C’est tellement puissant de pouvoir rire de soi-même. Ce n’est pas un rire de moquerie, c’est un rire de distanciation, un rire de sagesse qui nous embarque dans sa légéreté. Un rire qui dit aussi toute sa tendresse pour ces faiblesses présentes chez chacun.

Un rire par lequel nous disons : au fond, est-ce vraiment si grave ?

J’aime ces moments où, avec les personnes que j’accompagne, nous nous autorisons à rire de ce qui fait problème.

Nous nous faisons parfois des montagnes avec si peu de choses : nos peurs, nos colères, nos pensées… Quand nous arrivons d’un seul coup à en rire, c’est que nous prenons un peu de distance avec elles… C’est comme si nous envisagions un instant que nous ne sommes pas que cela, ces pensées et ces émotions négatives…Nous lâchons prise et nous devenons libres de ce qui nous emprisonnait.

C’est drôle comme en riant nous accédons à plus de sagesse et d’amour. C’est peut-être le sens du mot « gai-rire », pour reprendre l’expression de Jacques Salomé.

Je vous souhaite plein de rires-soleil 🙂

Comment aider une personne victime de violence conjugale

Le livre Violence conjugale : écouter et aider
J’ai récemment écrit et publié un ouvrage intitulé « Violence conjugale : écouter et aider ». Dans ce livre, je mets à disposition des professionnels, mais aussi de toute personne en contact avec des victimes, des informations, une méthodologie d’écoute et des pistes d’orientation.

Dans cet article, je vous transmets des informations utiles pour pouvoir aider les personnes victimes de violence que vous pouvez rencontrer dans votre vie personnelle ou professionnelle.

Il y a environ une femme sur 10 qui subit des violences au sein du couple, par conséquent nous sommes tous en contact avec des personnes concernées, même si nous l’ignorons. Certains hommes subissent également des violences conjugales.

Lorsqu’on se trouve au contact d’une personne victime de violence conjugale, on se sent souvent impuissant et malheureux.

C’est d’autant plus vrai lorsque c’est notre ami(e), notre collègue ou notre sœur qui subit des violences. Il est très difficile de voir un proche souffrir et sombrer dans l’emprise. Comment aider sans être intrusif ? Comment parler de ce sujet si difficile ? Comment être présent sans se surinvestir dans une situation qui n’est pas la nôtre ?

Bien souvent, nous donnons des conseils, nous tentons de convaincre la personne que la situation dans laquelle elle se trouve est dangereuse ou mauvaise pour elle… Mais force est de constater que cette attitude ne fait que renforcer la dépendance de la personne victime et qu’elle n’est donc pas véritablement aidante.

Je vais vous livrer quelques conseils pour trouver le positionnement juste. Ces conseils sont tirés de ma propre expérience professionnelle, ayant travaillé pendant 6 ans auprès des victimes de violences conjugales quotidiennement.

Au préalable, rappelons que la violence constitue une atteinte à la personne et que toute forme de violence est interdite par la loi : violence psychologique, verbale, physique, sexuelle…

Voici 4 clés pour venir en aide à une personne victime :

1. Parler, poser des questions

La personne victime de violences conjugales est souvent enfermée dans un silence toxique. Elle ne trouve pas la force de parler de ce qu’elle vit car elle est envahie par des sentiments de honte et de culpabilité. Elle a peur de rencontrer l’incompréhension de ses proches. Une personne victime est souvent menacée par son conjoint si elle parle.

Pour toutes ces raisons, si vous trouvez que votre amie, sœur, collègue, voisine… a un comportement inhabituel, qu’elle est triste, qu’elle semble craindre son compagnon… je vous invite à oser lui poser la question : « comment ça se passe dans ta relation de couple ? Est-ce qu’il y a de la violence ? » Sans poser la question, vous risquez de passer à côté de son vécu, elle n’osera probablement pas vous parler ce ce qu’elle vit.

Même si elle répond par la négative dans un premier temps, elle saura qu’elle peut aborder le sujet avec vous le jour où elle se sentira prête.

2. Écouter sans juger

Si elle est prête à parler, vous pourrez alors accueillir ce qu’elle dit sans la juger.

Il s’agit en tant qu’écoutant d’accepter que je ne sais pas à la place de l’autre ce qui est bon pour lui. Cela demande une bonne dose d’humilité et d’empathie.

Cette écoute va permettre à la personne d’être enfin entendue dans ce qu’elle vit et cette attitude est très précieuse. Je vous invite à lire ou relire mon article sur l’écoute pour approfondir vos compétences en la matière.

Par ailleurs, cela va vous permettre de l’aider à identifier ses besoins. Vous pourrez lui demander : « de quoi as-tu besoin? », ce qui vous donnera des pistes pour proposer votre aide ensuite le cas échéant.

Il est très difficile de ne pas juger : souvent, nous jugeons ce que nous ne comprenons pas. Or la violence conjugale est un phénomène complexe. Pour plusieurs raisons, il est difficile de quitter un partenaire violent et cela se fait souvent en plusieurs étapes, avec des allers-retours. Même si cela vous paraît incompréhensible, je vous invite à ne pas juger ce processus.

3. Rappeler la loi

Vous pouvez à bon escient rappeler à cette personne que la loi interdit toute forme de violence et que face à des actes de violence, la victime a des droits. Des personnes peuvent l’aider à les faire valoir. La victime a notamment le droit de déposer plainte.

Cela lui permettra de commencer à se sentir moins coupable de ce qu’elle vit. La personne victime croit souvent qu’elle est responsable de la violence qu’elle subit car c’est ce que lui dit son agresseur.

4. Proposer son aide et passer le relais

Une fois que vous avez identifié quels sont ses besoins et ses priorités (être soutenue psychologiquement, trouver un logement ou un hébergement, être informée sur ses droits…), vous pouvez l’orienter vers les partenaires qui vont l’aider dans ses démarches : associations qui aident les victimes de violences, assistant social, thérapeute…

Si vous en avez la possibilité et le désir, vous pouvez aussi proposer votre propre aide pour héberger la personne, garder ses enfants pendant qu’elle fait des démarches…

Un numéro à connaître et à donner dans tous les cas  : le 3919. C’est le numéro national d’écoute et d’orientation pour les victimes de violences conjugales.

 

A travers votre écoute et votre bienveillance, vous avez un vrai rôle à jouer… chacun peut participer à ce que les personnes victimes puissent enfin se dire et être entendues dans ce qu’elles vivent… et enfin aller vers le meilleur d’elles-mêmes.

 

Si vous souhaitez aller plus loin, je vous invite à vous procurer mon livre : vous y trouverez une méthodologie d’écoute et d’accompagnement ainsi que les informations juridiques importantes à donner aux victimes.

Je l’ai écrit pour les professionnels mais le langage est simple et je sais qu’il aidera aussi les proches des victimes.

Vous pouvez le commander à l’adresse suivante :

http://www.thebookedition.com/violence-conjugale–ecouter-et-aider-anais-euverte-p-128993.html

 

Voici d’ailleurs une vidéo de présentation de mon livre :

 

Réflexion sur la relation d’aide

Mon métier d’accompagnante en relation d’aide me conduit à m’interroger souvent sur la relation que j’entretiens avec les personnes que j’accompagne.

Je vous propose aujourd’hui quelques réflexions sur cette relation qui s’engage dans toute démarche thérapeutique ou plus largement dans un travail d’accompagnement. Cette relation entre une personne en demande d’aide et le professionnel qui se propose de l’accompagner.

Comme vous le savez, une relation a toujours deux extrémités. Chacune des personnes tient un bout de cette relation et est responsable de son extrémité.

Dans une relation d’aide et d’accompagnement, que se passe-t-il à chacune de ces extrémités ?

  • Voyons d’abord ce qui se passe du côté de la personne accompagnée.

Pour beaucoup de personnes, il est difficile de demander de l’aide, de reconnaître que quelque chose ne va pas et d’admettre qu’on est dans l’impossibilité de résoudre ce problème seul.

On me demande parfois : « est-ce que j’ai besoin de venir vous voir, est-ce que j’ai besoin d’être aidé? »… or je crois que la réponse appartient à chacun : il revient à chacun de savoir quel est son besoin et s’il souhaite être accompagné.

D’expérience, les personnes viennent souvent consulter un praticien quand les difficultés deviennent vraiment insurmontables et qu’elles ont acquis la certitude qu’elles ne s’en sortiraient pas par elles-mêmes… Et elles attendent ensuite que ce travail devenu urgent porte ses fruits de façon immédiate… or les changements peuvent mettre du temps à se mettre en place, ce qui peut engendrer de la déception chez l’accompagné.

Pour moi, le critère qui devrait amener à faire un travail sur soi-même est double : il y a d’abord la conscience que quelque chose chez nous ou dans notre vie ne va pas tout à fait comme on le souhaiterait… et donc une forme de gêne ou de souffrance vis-à-vis de cette situation. Il n’est pas nécessaire, je le rappelle, d’être au bord du suicide pour consulter… Car même s’il n’est jamais trop tard, il est plus difficile de sortir d’une dépression sévère que d’une baisse de régime passagère…

Cette conscience de la difficulté, si elle s’accompagne par ailleurs d’un désir de changement, peut amener la personne à réaliser ce travail sur soi.

Travailler sur soi est en effet un processus de changement et celui-ci ne peut se faire qu’à condition d’en être volontaire.

Comme le dit Jacques Salomé : « La porte du changement ne peut s’ouvrir que de l’intérieur ».

Bien sûr, les résistances sont au programme de toute démarche d’introspection et de changement, et c’est à travers la relation avec le praticien que ces résistances vont être traversées et dépassées.

Travailler sur soi est courageux, cela implique de remettre en cause des schémas, des modes de fonctionnement, des croyances… de lâcher certaines choses pour en créer d’autres, plus adaptées à la personne que nous sommes devenue. Le changement, c’est l’inconnu, et cela peut nous renvoyer à des peurs. C’est pourquoi j’ai un respect profond pour toutes ces personnes qui me font l’honneur et la confiance de venir me voir, de me raconter leur vie, leurs difficultés…

 

  • Que se passe-t-il du côté de l’accompagnant ?

L’accompagnant tente, à l’aide de l’outil auquel il s’est formé, de permettre à la personne de s’entendre… et de s’autoriser à changer.

Il y a de son côté également parfois des doutes, des incertitudes… Chaque rencontre est unique et nous engage pleinement en tant que professionnels.

De façon plus personnelle, je voudrais vous témoigner de ce qui est selon moi le vrai moteur du changement, bien au-delà des outils et des méthodes utilisés par le praticien.

Ce moteur, c’est l’Amour.

L’Amour au sens de l’acceptation inconditionnelle de l’autre… celui qui permet de regarder l’autre comme un être unique et exceptionnel et de se sentir relié à lui.

Je suis devenue accompagnante en relation d’aide car je me sens nourrie et portée par les rencontres vraies, je me sens éblouie par les possibles de chacun et cette puissance de vie présente en chaque personne.

Voici ce que j’ai envie de dire et de transmettre aux personnes que je reçois :

« Tu as le droit d’être là, avec tes difficultés et tes ressources… et je t’accueille tel que tu es.

Je ne vais pas te demander de changer, mais si tu as envie de changer, je suis là pour t’accompagner sur cette route vers l’inconnu. Je n’ai pas de désir sur toi, j’ai juste celui de te rencontrer tel que tu es vraiment, derrière tes masques, et tes paroles, derrière ce que tu as appris, derrière le paraître.

Je n’ai pas de réponse pour toi, cela peut t’insécuriser parfois.

Je ne suis pas au-dessus de toi car je suis humaine, traversée aussi d’ombre et de lumière…

Je ne prendrai pas de décision pour toi, même si parfois je te partagerai mon ressenti.

C’est peut-être la première fois que quelqu’un t’accueille ainsi.

Je crois en toi, car je crois que chacun a les ressources en lui pour faire son chemin.

Mon rôle est simplement de te permettre de voir que tu es suffisamment puissant pour faire face à ce qui t’arrive….et créer ta vie. »

Voilà la façon dont j’ai aimée être accompagnée et la manière dont j’aspire à accompagner les personnes que je reçois au quotidien.

C’est en tous cas une aventure dont on sort transformé, tant du côté de l’accompagnant que du côté de l’accompagné 😉

Si vous avez envie de témoigner ou de poser des questions sur ce sujet, je vous invite à laisser un commentaire.

Si ce thème vous intéresse, je vous invite à visionner la vidéo de Jacques Salomé que j’ai postée dans cet article.

 

A bientôt !

 

 

Vidéo de Jacques Salomé à propos de la relation d’aide

Bonjour,

je tiens à partager avec vous cette vidéo de Jacques Salomé sur les pièges et les possibles de la relation d’aide.

Jacques Salomé illustre à l’aide de la visualisation comment il est possible d’aider l’autre sans le maintenir en dépendance 😉