Category Archive:Les relations humaines

Burn-out parental : en sortir et le prévenir

Anaïs EUVERTE post on octobre 10th, 2018
Posted in La relation parent-enfant

Dans mon précédent article je vous parlais des signes du burn-out parental, qui survient en plusieurs phases.

Voici quelques pistes pour vous aider à prévenir l’état d’ épuisement :

1) Accepter la réalité de la vie de famille

Le burn-out parental survient surtout chez des personnes perfectionnistes. Ces parents ont souvent une vision de la famille idéalisée : les parents idéaux avec les enfants parfaits et une existence heureuse. Or dans la vraie vie, la famille idéale n’existe pas. Les vrais gens ont des difficultés à faire coopérer leurs enfants, ils crient parfois, ont une maison mal rangée et mangent parfois des plats surgelés. Oui, dans la vraie vie, c’est comme ça : on fait comme on peut.

Plutôt que de viser la perfection, je suggère à ces parents de se fixer pour objectif de faire du mieux qu’ils peuvent. L’avantage, c’est que ce principe tient compte des capacités actuelles du parent. Les parents ont le droit d’être fatigués, de ne pas avoir envie de jouer ce soir et pour autant ce ne sont pas des mauvais parents.

Cela s’appelle lâcher-prise.

2) Donner la priorité à la relation à soi

Pour sortir du burn-out parental, il s’agit de remettre la priorité sur la relation à soi-même. En effet, notre disponibilité de parent est fonction de notre état intérieur. D’où la nécessité de s’accorder du temps pour prendre soin de soi. On entend souvent parler de cette notion mais ce n’est pas une option, c’est vital.

Sinon, nous dépassons nos limites et c’est à ce moment-là que nous nous épuisons…

Il est primordial d’identifier à quels moments nous atteignons nos limites et le cas échéant de pouvoir dire non.

Il sera également important de savoir quelles activités nous permettent de recharger nos batteries et de faire le plein de détente et d’énergie : sport, yoga, méditation, dîner avec des amis…

3) S’organiser autrement

Cela peut impliquer une nouvelle répartition des tâches ménagères : entre les différents membres de la famille, voire de passer le relais pour faire garder ses enfants à certains moments.

Là-encore, il sera nécessaire de lâcher-prise sur les habitudes de faire seul et sur le mythe du parent parfait.

Un bon parent n’est pas un parent qui est disponible 24h/24.

4) Définir ses priorités

Bien sûr moi aussi je voudrais avoir le temps de tout faire : mon travail, la cuisine, le ménage, les jeux avec mon enfant, les devoirs, les activités en plein air…

Mais là encore, c’est le principe de réalité qui gagne toujours : je n’ai pas le temps de tout faire.

Donc je vous suggère de prioriser.

Il sera toujours temps d’avoir une maison bien rangée, par contre, jouer avec votre enfant ne sera plus d’actualité dans quelques années.

Face à l’ensemble des tâches qui vous incombent et des choses que vous souhaitez faire, demandez-vous : qu’est-ce qui est le plus important, là, maintenant ? Et acceptez de différer ce qui peut l’être.

5) Retrouver le plaisir d’être parent

Pour ce dernier point, il s’agit de se reconnecter à la magie de la relation parent-enfant. De retrouver des moments plaisir ensemble : jouer, regarder un film, se balader, faire une bataille d’oreiller…

Pour que cela fonctionne, il faut que ce soit une activité qui fasse plaisir à toute la famille, et non une énième tâche à effectuer.

Ces moments nous reconnectent au plaisir d’être ensemble et de vivre en famille.

Vive la rentrée : et si on parlait du burn-out parental ?

Anaïs EUVERTE post on octobre 8th, 2018
Posted in La relation parent-enfant Tags:burn-out , parents

Je ne sais pas si comme moi vous avez vu passer sur les réseaux sociaux la veille de la rentrée des classes, des images et des posts dont le message était en substance : « Génial, OUF, enfin, nos enfants rentrent à l’école ! » ou bien « Libérés, délivrés ! » (les parents, pas les enfants!!)

C’est la même chose à chaque rentrée et c’est vrai que ces posts me font toujours sourire (et je fais partie aussi des parents qui se réjouissent de la rentrée 😉 )

Mais cette année, en lisant tous ces messages likés des centaines de fois par des parents épuisés, je me suis dit qu’il y avait quelque chose d’assez inquiétant dans cette situation, comme si finalement les besoins de nos enfants épuisaient nos ressources. Fondamentalement, cela ne devrait pas arriver.

Oui, être parent peut être épuisant, mais c’est aussi gratifiant, joyeux et enthousiasmant.

Alors pourquoi être parent de nos jours semble parfois mission quasi-impossible ?

Vous avez sûrement entendu parler comme moi du burn-out parental. Ce mal propre à notre époque a entre autres pour cause la difficile conciliation de nos vies professionnelles et familiales.

Le burn-out est un état d’épuisement émotionnel, psychologique et physique du parent.

Dans le cadre de mon métier, je vois de plus en plus de parents concernés par cet état et d’après une étude, 5 % des parents seraient touchés, 8 % seraient à risque élevé. Les parents élevant seuls leurs enfants et les parents d’enfants en bas âge sont les plus concernés. Lorsque dans mon cabinet, je reçois un parent épuisé, ce qui me frappe d’abord, c’est que la joie d’être parent l’a quitté. Le parent est éteint, il n’a plus d’énergie, la fatigue physique et émotionnelle a pris le dessus. Ce parent consulte souvent parce qu’il a une difficulté avec ses enfants, qui peuvent présenter des problèmes de comportement à la maison ou à l’école, des difficultés d’apprentissage…

Et c’est là, la deuxième phase du burn-out : le parent a des difficultés à éprouver de l’empathie vis-à-vis de son enfant. Il devient incapable de l’écouter, de chercher le sens de ses difficultés. Il s’agit d’un détachement émotionnel du parent. A ce stade, la relation parent-enfant est menacée, puisque c’est comme si le parent était absent. Ce détachement émotionnel est une protection mise en place par le parent pour se protéger du stress.

Cela peut amener l’enfant à développer de plus en plus de comportements dérangeants afin d’être enfin entendu.

Au dernier stade du burn-out, le parent peut être sujet à de l’agressivité, des débordements émotionnels importants et sombrer dans la dépression. Il peut y avoir : douleurs, troubles du sommeil, addictions, passages à l’acte violent… Les conséquences peuvent être dramatiques, c’est pourquoi il est très important d’apprendre à en repérer les signes avant-coureurs.

Comme pour le burn-out professionnel, il semble que les personnes les plus à risque soient celles qui veulent « trop bien faire », les parents perfectionnistes. Notre époque nous dicte beaucoup d’exigences pour être un bon parent : alimentation (bio bien sûr), éducation (bienveillante évidemment), jeux (éducatifs), écrans (limités)… Nous sommes abreuvés de conseils parfois impossibles à suivre dans la vraie vie.

Les parents qui font un burn-out ont généralement du mal à accepter de ne pas être parfaits. Ils ont du mal à lâcher-prise sur leurs représentations du modèle de parent.

Leurs sentiments d’échec et leurs difficultés à lâcher-prise les conduisent dans une impasse et les empêchent de relativiser et d’accepter la réalité de la vie de famille.

Personnellement, je pense que le burn-out parental peut concerner tous les parents à un moment ou à un autre de leur vie.

Certains d’entre vous ont-ils déjà connu une situation de burn-out parental ? Cela m’intéresserait beaucoup d’avoir vos témoignages dans les commentaires en-dessous.

Je vous retrouve dans quelques jours avec un article pour évoquer les solutions pour prévenir et sortir du burn-out.

Les différentes facettes du rôle de parent

Anaïs EUVERTE post on février 12th, 2018
Posted in La relation parent-enfant

Aujourd’hui je partage avec vous une notion de la Méthode ESPERE® que je trouve particulièrement aidante pour exercer notre rôle de parent.

Le rôle de parent s’appuie sur deux fonctions principales que nous pouvons appeler ainsi : la dimension maman/papa et la dimension mère/père.

La dimension maman/papa est la partie du rôle de parent qui donne et qui reçoit… Elle concerne par exemple les câlins, les bisous, les massages, les cadeaux, les dessins, le temps partagé ensemble à jouer, à s’entraider….

Cet aspect du rôle de parent est omniprésent dès le début de la vie de l’enfant et essentiel à son développement. D’ailleurs, dans un premier temps, avec le bébé, le rôle de parent ne s’exercera que par cette dimension.

C’est parce que cette dimension est présente que l’autre partie des rôles parentaux va pouvoir s’exercer.

La dimension mère/père est la partie du parent qui demande et qui refuse. Elle va apparaître à partir d’1 an environ quand il s’agira de dire « non » à l’enfant ou « stop » et elle intervient de façon progressive, à doses très homéopathiques au début. Cette dimension s’exprime chaque fois qu’il s’agit de demander de s’habiller, mettre la table, faire ses devoirs, de refuser de sauter sur le canapé, de partir en tee-shirt à l’école (alors qu’il fait -5 dehors..), d’embêter sa petite sœur…

Certains parents ont des difficultés à remplir ce rôle-là et se plaignent même de devoir occuper cette place, mais comme je le dis souvent, cela fait aussi partie du job de parent !

Même s’il y a des moyens de pratiquer ce rôle d’une façon positive et bienveillante, il n’en demeure pas moins que ce rôle-là de mère ou de père, avec cette dimension de limites est tout autant structurante pour l’enfant que la dimension maman/papa.

Ces deux dimensions sont essentielles et complémentaires pour élever son enfant.

Lorsqu’un des parents ne joue pas pleinement un de ses deux rôles, cela peut créer un déséquilibre et une compensation par l’autre parent. Par exemple, lorsque la maman ne joue pas son rôle de mère, cela oblige le papa à être beaucoup plus présent en tant que père. Or cela peut être très frustrant pour ce dernier ainsi que pour l’enfant qui aimerait avoir aussi un « papa » qui joue avec lui, lui fait des câlins… Autrefois, cette configuration « maman et père » était assez fréquente. Elle est moins présente aujourd’hui car les rôles sont mieux répartis et moins stéréotypés : les hommes sont de plus en plus papa, en accueillant le doux et le tendre de leur rôle et les femmes peuvent davantage être mères et exercer de l’autorité sur leurs enfants.

Dans un prochain article, je vous parlerai d’un outil qui vous permettra de prendre conscience de vos fonctions parentales.

Vous pouvez dores et déjà vous demander quelle dimension est la plus présente dans la façon dont vous accompagnez vos enfants et si cela vous paraît adapté à leurs besoins.

Etre présent

Etre présentEn cette période proche des fêtes, j’avais envie de vous envoyer un petit message. D’abord pour vous dire que ce blog vit toujours même si j’écris peu actuellement. J’ai la chance de faire un travail que j’adore, que je me suis créé sur mesure et qui m’occupe pleinement 🙂

Je pense toutefois souvent à vous, les lecteurs de mon blog. Je suis touchée de voir que même lorsque je ne publie pas, vous êtes nombreux à venir lire ou relire mes articles.

Aujourd’hui, je viens vous parler de la présence. Avez-vous déjà remarqué que le mot présent signifie également cadeau ?

En cette période de fête, j’ai envie de vous inviter à réfléchir : au-delà des cadeaux, des fêtes, des repas que vous allez vivre, qu’allez-vous offrir de votre présence, à vous-mêmes et aux autres ?

Etre présent signifie être ici et maintenant, offrir une présence authentique… Pour cela, vous êtes invités à laisser temporairement de côté vos écrans 😉 Ceux-ci nous éloignent indéniablement de l’autre, de l’ici et maintenant.

Je crois que la présence authentique est l’un des plus beaux cadeaux que nous pouvons faire à l’autre.

Combien de fois échangeons-nous des banalités, une communication convenue ou stérile ? Parfois absents de nous-mêmes, nous nous cachons.

Je pense que nous valons tous mieux que ça.

Nous méritons d’être en lien authentique avec l’autre, d’oser dire ce qui nous habite, nos émotions, nos sentiments… Nous méritons de nous rencontrer véritablement.

La présence, c’est aussi ce regard, ce sourire, cette main posée sur une épaule que nous allons spontanément proposer à l’autre, en soutien, en partage. Oui, la communication se passe aussi parfois de mots, et elle est tout aussi vraie.

La présence est un défi, celui de la vérité, celui du temps que nous décidons d’habiter sans le retenir, mais sans le fuir non plus. 

Nos rencontres recèlent des trésors, cultivons la présence pour mieux les recevoir.

Je vous souhaite le meilleur pour cette fin d’année, quelle que soit la manière dont vous la traverserez… Je vous souhaite simplement d’oser y être pleinement présents…

Journée internationale de la communication le 1er octobre 2016

Bonjour,

J’ai le plaisir de vous informer que depuis cette année nous fêtons la communication avec la Méthode ESPERE® de Jacques Salomé 🙂

Oui, le 1er octobre 2016, en France et à l’étranger, des praticiens formés à la Méthode ESPERE® vont vous proposer des ateliers, des conférences, des stages… pour vous faire découvrir la communication relationnelle et vous montrer comment mieux communiquer peut transformer votre vie.

J’ai vraiment hâte d’être à cette journée, j’ai moi-même travaillé avec une collègue sur un conte pédagogique que je présenterai à Château-Thierry et qui s’intitule : « La fabuleuse aventure de la famille Ronchon ».

Il y a beaucoup d’initiatives ce jour-là, il y en a peut-être du côté de chez vous, donc je vous invite à consulter le site de l’Institut ESPERE pour savoir où trouver une animation ce jour-là :

Voir les événements du 1er octobre

Je vous souhaite une très belle journée de la communication !

A bientôt !

 

 

 

Oser sa vie : Vivre en harmonie avec les autres

Anaïs EUVERTE post on septembre 13th, 2016
Posted in Les relations humaines, vidéos Tags:oser sa vie , relation

Bonjour,

J’ai le plaisir de partager avec vous la 3ème vidéo de la série « Oser sa vie ».

Cette fois, je vous parle de vos relations avec les autres et d’un outil concret pour les améliorer.

A très vite !

Rire et grandir

Nous avons parfois la croyance que le travail sur soi est difficile, lourd, chargé de passages douloureux… Même si cela peut être le cas, j’ai aussi l’expérience que travailler sur soi peut se faire dans la légèreté.

Il est tout à fait possible d’allier légèreté et profondeur.

Oui, le travail sur soi peut amener le rire. Et l’on travaille sacrément bien en riant 🙂

Rire lorsque nous prenons du recul sur nos propres aveuglements, sur nos croyances qui paraissent d’un seul coup dérisoires…

Rire aussi lorsque nous réalisons que parfois tout est dans notre tête, dans notre imaginaire… et pas forcément chez l’autre.

Rire lorsque l’on ose dire quelque chose d’indicible et que le monde semble soudain plus lumineux, grâce au regard bienveillant de l’autre.

Rire lorsque l’on fait l’expérience de l’acceptation totale de l’autre.

Rire lorsque l’on guérit.

Rire lorsque l’on trébuche.

Parce que même à travers les larmes, il y a encore de la joie. La joie est intérieure et elle ne nous a jamais complètement quitté, même si elle s’est parfois endormie…

L’amour et le rire sont si proches : j’accepte l’autre et je peux rire car je perçois sa beauté et sa force intérieures… je sais que chacun est un cadeau.

C’est tellement puissant de pouvoir rire de soi-même. Ce n’est pas un rire de moquerie, c’est un rire de distanciation, un rire de sagesse qui nous embarque dans sa légéreté. Un rire qui dit aussi toute sa tendresse pour ces faiblesses présentes chez chacun.

Un rire par lequel nous disons : au fond, est-ce vraiment si grave ?

J’aime ces moments où, avec les personnes que j’accompagne, nous nous autorisons à rire de ce qui fait problème.

Nous nous faisons parfois des montagnes avec si peu de choses : nos peurs, nos colères, nos pensées… Quand nous arrivons d’un seul coup à en rire, c’est que nous prenons un peu de distance avec elles… C’est comme si nous envisagions un instant que nous ne sommes pas que cela, ces pensées et ces émotions négatives…Nous lâchons prise et nous devenons libres de ce qui nous emprisonnait.

C’est drôle comme en riant nous accédons à plus de sagesse et d’amour. C’est peut-être le sens du mot « gai-rire », pour reprendre l’expression de Jacques Salomé.

Je vous souhaite plein de rires-soleil 🙂

Secrets de famille

Anaïs EUVERTE post on février 12th, 2016
Posted in Les relations humaines Tags:secrets de famille

Dans un précédent article, je vous ai parlé des non-dits, ce poison de la communication qui entrave nos relations.

Le non-dit devient un secret lorsqu’il concerne une chose en particulier qu’on ne peut pas dire car elle génère de la honte, un sentiment de culpabilité, de la souffrance…

On parle de secret pour des choses qui ont une importance particulière dans la vie et dans l’histoire de la famille. Par exemple, cela peut concerner les origines d’un enfant, sa paternité, son adoption, ou bien l’incarcération d’un parent, une maladie jugée honteuse, comme un trouble psychiatrique… ou bien encore un traumatisme (violence conjugale, viol…)… Les guerres génèrent aussi leur lot de souffrances et de tabous.

Tous ces événements font partie de l’histoire de la famille et s’ils ne sont pas nommés, ils vont devenir des secrets de famille. Or tout comme chacun a un inconscient, la famille aussi a un inconscient, appelé inconscient familial. Et tout ce qui y est refoulé car trop dérangeant risque de resurgir sous une autre forme.

Les  descendants vont donc inconsciemment se charger de révéler le secret. A travers des comportements, des somatisations, des maladies, des choix de vie… ils vont dire le secret, allant parfois jusqu’à s’identifier inconsciemment à un ascendant mal-aimé ou à avoir un accident à une date anniversaire d’un événement douloureux…

Le secret finit toujours par resurgir d’une façon ou d’une autre. Les descendants peuvent sentir que quelque chose ne tourne pas rond dans leur famille.

Vous vous demandez peut-être s’il y a des secrets dans votre famille. Je crois qu’il en existe dans toutes les familles ou presque. Il est difficile de parler de certains événements, et surtout des sentiments et des émotions qui y sont liés.

Lorsque je rencontre des personnes en séance, j’aborde assez souvent la question de l’histoire familiale et des éventuels secrets de famille. Et notamment, lorsqu’une personne n’arrive pas à être heureuse sans comprendre pourquoi. Quelqu’un qui n’a pas de difficulté majeure dans sa vie et qui pourtant est en dépression peut avoir intérêt à se pencher sur l’histoire de sa famille.

De la même façon, quand on sent confusément que ses parents ne sont pas ses vrais parents, il est intéressant d’aller chercher plus loin.

Comment connaître les secrets en question?

C’est parfois assez simple. Je dirais que la facilité à dévoiler le secret est fonction de la capacité à entendre des descendants. En clair, lorsque la personne est prête à entendre, alors des éléments de l’histoire familiale vont pouvoir lui être révélés.

En posant des questions à ses parents et à ses grands-parents, puis en faisant un arbre généalogique et ce faisant en soulignant les incohérences et les aspects obscurs de cet arbre, petit à petit des éléments se font jour.

Ce chemin n’est pas toujours simple : car les personnes qui ont fabriqué le secret, qui ont tu les événements ne souhaitent pas que le secret soit mis à jour et donc elles peuvent s’opposer à la démarche de vérité des descendants.

C’est un travail passionnant et nécessaire, pour lequel il peut être judicieux d’être accompagné.

Par ailleurs, en tant que parents, nous pouvons éviter de mettre du secret, en parlant à nos enfants des événements qui ont jalonné notre vie, même s’ils sont douloureux : les deuils, les traumas, le chômage, les séparations… Il ne s’agit pas de tout dire, et cela doit se faire dans un langage adapté à l’âge de l’enfant. Mais là où il y a des mots possibles, nous avons moins de risque que nos enfants mettent des maux.

Et s’il y a plus de conscience dans notre histoire familiale, nous devenons plus libres de vivre notre propre vie.

Je suis à votre disposition si vous souhaitez me poser des questions sur ce thème dans les commentaires 🙂

Le lien à nos parents

Anaïs EUVERTE post on janvier 21st, 2016
Posted in La relation parent-enfant Tags:lien , maltraitance , relation , violence

Je réponds aujourd’hui à une question :

« Bonjour, j’ai 52 ans et je ne parle plus à mon père depuis 2 ans. à l’aulne de mes 50 ans il m’a demandée de fêter mon anniversaire comme il l’avait prévu pour moi. J’ai refusé car cela ne correspondait pas à mon souhait . Depuis il a rompu le dialogue . Je l’ai rappelé 2 ou 3 fois pour avoir des nouvelles, une fois pour lui souhaiter mes vœux il y a 2 ans ; il m’a dit regretter ce qu’il avait fait , qu’il était content que j’appelle et j’ai pensé que la relation pouvait reprendre. Mais non, il n’a jamais rappelé. Le contexte familial est dense, père très violent dans mon enfance, alcoolique, tyrannique, mère alcoolique pour oublier les sévices. Il m’ a mise à la porte quand j’ai eu 18 ans car je ne voulais pas(déjà) lui obéir, c’est à dire travailler et lui donner mon salaire, entre autre… j’ai mis des années à lui pardonner , (des années d’accompagnements thérapeutique) de solitude, de désespérance, de cauchemars. J’ai repris une relation avec lui pendant de longues années; cela allait, même s’il avait parfois des crises de colère intense contre d’autres que moi. A 50 ans j’ai eu besoin d’en finir avec ma peur de lui dire non car je voulais être libre. J’ai eu des gros soucis de santé les années précédentes et j’ai réalisé que j’avais le droit de vivre maintenant. Mais voilà je culpabilise, je savais que si je disais non c’en serait fini. Et je ne sais pas comment orienter mon discours intérieur, que lire, pour m’éclairer et accepter que je ne le reverrai peut être jamais. Je me sens blessée, rejetée . Mais en même temps , libre ; Est-ce le prix à payer. Merci de votre écoute »

Merci  pour votre témoignage. Vous décrivez très bien comment il est parfois impossible de garder une bonne relation avec ses propres parents, surtout quand il y a eu de la maltraitance dans l’enfance.

Et probablement que la petite fille que vous étiez aurait encore besoin de l’approbation, de l’amour de son père. Sauf que l’adulte que vous êtes a compris, je crois, que cette approbation ne viendrait pas et que vous pouvez vivre sans.

Il n’y a que vous qui pouvez savoir si la relation avec votre père est bonne pour vous ou pas.

Ce qu’il serait possible de faire, c’est de continuer à rappeler le lien, comme vous avez pu le faire : en appelant ou en envoyant une carte pour les fêtes et les anniversaires. Ainsi, vous continuer à signifier, à lui et à vous-même que vous êtes bien sa fille, vous vous reliez à lui à certains moments de la vie. Vous n’êtes pas obligée de vous laisser définir par ses silences. Et vous n’êtes pas non plus obligée de conserver une relation suivie avec lui.

Ainsi, même si lui ne souhaite plus être en relation avec vous, vous pouvez maintenir un lien, symboliquement… à condition que ce soit bon pour vous, bien sûr, donc je vous invite à écouter ce qui est le plus juste pour vous.

Au-delà, et même si vous dites que vous avez fait des années de thérapie, il peut être judicieux de vous faire accompagner dans cette nouvelle étape de votre vie, si vous vous sentez en souffrance.

Je vous invite également à lire les articles que j’ai écrits sur la restitution symbolique, je pense que cette démarche pourrait vous aider à vous libérer des violences que vous avez reçues :

http://blog-espere.com/comment-faire-une-restitution-symbolique-avec-la-methode-espere/

 

Je vous recommande aussi de lire les livres d’Alice Miller, qui justement déculpabilisent les ex-enfants ayant été maltraités et ayant arrêté les relations avec leurs parents.

Vous pouvez lire « C’est pour ton bien » par exemple.

 

Je vous souhaite plein de bon dans votre vie.

Parent-enfant : sortir de l’opposition

Je réponds aujourd’hui à une question posée par un parent :

« Bonjour , nous avons une fille de 3 ans avec laquelle les choses fonctionnent bien . Nous avons 2 soucis répétés et quasi quotidiens : le brossage de dents qui même ludique n’est pas souhaité de sa part et elle a décidé qu’elle ne faisait plus les siestes à la maison et fait du bruit pendant qu’elle joue dans sa chambre au moment où nous avons besoin de nous reposer ( elle se réveille parfois la nuit et se lève vers 7h régulièrement ) . Nous ne trouvons pas des sanctions en conséquence avec ces comportements qui lui permettraient d’assumer les conséquences de ces actes … Merci de votre expérience . »

 

Bonjour,

Je vous remercie pour votre question.

A 3 ans, refuser de faire des choses que demandent les parents est un comportement tout à fait normal qui participe à la construction de la personnalité de l’enfant à travers l’affirmation de soi.

Pour les parents, c’est souvent une étape d’apprentissage du lâcher-prise 😉

Au sujet du brossage de dents et des siestes, je ne vous recommande pas de faire appel à des sanctions.

Je vous invite à utiliser les sanctions avec parcimonie, seulement pour les comportements d’une certaine gravité (exemple : quand l’enfant tape).

A cet âge-là avoir une routine « pot-dent-histoire-dodo », par exemple, la répéter à l’enfant et la lui faire dire : « qu’est-ce qu’on fait après le pot? » est un bon moyen de le faire adhérer, cela peut prendre un peu de temps mais à un moment donné, cette routine est intégrée.

Cela permet aussi de dire à l’enfant que tant que l’étape du brossage des dents n’est pas faite, vous ne passez pas à l’étape suivante.

Quand vous êtes face à un refus de votre enfant, une autre possibilité serait de rechercher l’adhésion de l’enfant, en lui proposant une alternative : par exemple : « d’abord l’histoire ou d’abord les dents? »

Dans tous les cas, vous ferez les 2, mais elle retrouve un petit pouvoir de décision en ayant une alternative.

Chaque fois qu’on permet à l’enfant d’avoir un choix, on suscite sa coopération et on sort du rapport de force.

Concernant le refus de faire la sieste, c’est l’âge aussi ! Si elle joue dans sa chambre, même en faisant du bruit, il ne me semble pas que ce soit problématique. Mais pour les parents, effectivement, c’est une période où il faut renoncer à ce moment de répit de 2-3 heures, qui est effectivement pratique voire salutaire 😉

En tous cas, je ne propose pas de sanctions. Éventuellement, vous pouvez lui faire la demande qu’elle joue tranquillement.

Je vous invite à utiliser dans la relation avec votre enfant la communication à partir du « je » personnalisé, vous serez alors pour votre fille un adulte consistant et cohérent qui se positionne vis-à-vis d’elle.

J’espère que cette réponse pourra vous aider.

Pour aller plus loin, je vous recommande le livre d’Isabelle Filliozat « J’ai tout essayé ! », qui explique très simplement les bases de la parentalité bienveillante.

Voici plusieurs articles que j’ai écrits sur la relation parent-enfant, qui peuvent également vous éclairer :

http://blog-espere.com/4-moyens-de-desamorcer-les-situations-difficiles-avec-un-enfant-en-bas-age/

http://blog-espere.com/accompagner-un-enfant-en-conscience/

http://blog-espere.com/des-pistes-pour-parents-en-difficulte/

 

Si vous avez des questions, je vous invite à utiliser ce formulaire de contact et je vous réponds sur le blog :

 

 

Vous pouvez aussi me contacter pour un rendez-vous physique ou téléphonique, voici mon site :

http://www.lescheminsdelarelation.com/