Category Archive:La communication relationnelle

La différence essentielle entre s’exprimer et communiquer

Une des choses que j’entends régulièrement quand je parle de communication, c’est « moi, je sais communiquer, je n’ai pas de problème de ce côté-là, je dis tout ce que je pense ! ».

Or la communication relationnelle justement ne consiste pas à dire tout ce qu’on pense ni surtout à le dire n’importe comment 😉

C’est toute la différence qui existe entre s’exprimer et communiquer.

S’exprimer, c’est sortir quelque chose présent à l’intérieur de soi sans trop y réfléchir et sans faire attention à la personne que nous avons en face de nous. C’est un peu vider son sac, comme on dit. Et à la limite, il serait possible de le faire sans la présence d’autrui : devant un coussin ou par écrit par exemple. Il est possible de s’exprimer en écrivant, en peignant, en faisant un dessin, en dansant…

A l’inverse, communiquer, c’est mettre en commun. C’est un partage avec l’autre qui se fait avec conscience : j’ai conscience de ce qui m’habite et de ce que je souhaite mettre en commun avec l’autre et j’ai aussi conscience de la façon dont cela peut impacter positivement ou pas notre relation. C’est cette communication-là qui est transmise dans la Méthode ESPERE®.

C’est ainsi que je vous inviterai à choisir ce que vous souhaitez partager avec l’autre, avec cette conscience de comment cela peut impacter la relation avec cette personne. L’autre n’est pas une poubelle 😉 dans laquelle vous pourriez justement vider votre sac, mais une personne avec qui vous allez pouvoir échanger et qui va vous donner un retour par rapport à ce que vous lui dites.

Est-ce que votre conjoint a vraiment besoin de connaître tout le détail de vos problèmes au travail ? Ou plus exactement est-ce que votre relation en a vraiment besoin ?

Une relation, c’est comme une plante à entretenir, donnez lui le meilleur. La nourriture de vos relations, c’est la communication. Chaque fois que vous parlez dans une relation de quelque chose de négatif, chaque fois que vous êtes dans le système SAPPE, alors vous maltraitez la relation.

Chaque fois que vous envoyez du positif, vous entretenez votre relation, elle peut alors s’épanouir et grandir. Les mots sont puissants, ils ont vraiment le pouvoir de changer la qualité de vos relations…dans un sens ou dans un autre.

A bon entendeur 😉

 

 

 

Mieux utiliser les moyens modernes de communication

Nous vivons une ère fantastique qui nous permet de rester en lien avec nos proches à l’autre bout du monde. Aujourd’hui la distance n’est plus un obstacle, nous pouvons continuer à alimenter aisément des relations, même éloignées géographiquement. Cela est certainement appréciable et constitue un progrès indéniable.

Comment faire pour tirer profit de ces moyens techniques afin de développer une communication qui reste authentique et respectueuse de nos relations? Car parfois les outils dont nous disposons présentent quelques risques.

Pourquoi l’utilisation des moyens modernes de communication conduit parfois à des malentendus

Vous avez peut-être déjà constaté qu’un mail ou un SMS peut parfois être mal interprété et conduire à un malentendu voire à un conflit… Cela se produit également dans des échanges que nous avons en direct mais les risques de malentendus s’amplifient avec ces moyens de communication.

En effet, le langage verbal représente seulement 35% de la communication. L’autre partie de la communication provient du corps pour 45% et de la voix pour 20%. Les communications para-verbale (le ton, l’intonation, les respirations…) et non-verbale (les gestes, les postures, la façon de se vêtir…) prennent plus de place dans nos échanges que les mots que nous prononçons.

Ainsi, lorsque nous échangeons par mail ou par SMS, nous sommes privés de 65% des possibilités de la communication. Cela peut expliquer que certains messages passent plus difficilement. Lorsque nous écrivons, il n’y a pas le ton ni l’intonation ni le regard etc. Il existe les smileys, tels que celui-ci 😉 qui peuvent nous permettre d’ajouter une nuance, une tonalité à notre message, mais cela est bien maigre quand on pense à la palette d’expressions du visage,  de gestes, de vibrations dans la voix que nous possédons en tant qu’humains !

Au téléphone, seule la voix et les mots parlent, il nous manque le corps pour une communication complète.

Et même en visioconférence, il nous manque encore l’énergie, les odeurs, la respiration… présents dans un échange en chair et en os…

 Ainsi, afin d’utiliser au mieux les moyens de communication modernes, je vous invite vraiment à prendre conscience que les échanges de ce type sont parcellaires, donc limités et peuvent laisser place à plus d’ambiguïté et donc de malentendu.

Vers une utilisation réfléchie des moyens de communication

Pour que la communication demeure qualitative, il s’agirait de pouvoir utiliser avec discernement et à bon escient les différents moyens de communication dont nous disposons. Voici en tous cas mes conseils en la matière, ce n’est qu’une piste de réflexion 😉

Sachant bien sûr que chacun a ses moyens de communication de prédilection 😉

Le téléphone

C’est sans doute le moyen de communication, avec la visioconférence, qui permet d’avoir les échanges les plus proches d’une communication en chair et en os. On peut se dire beaucoup de choses au téléphone, parfois certains trouvent même que c’est plus facile d’échanger par ce moyen. Parler au téléphone nécessite de développer son écoute de la voix, de l’intonation de la respiration, des silences… Le fait de ne pas être vu peut permettre parfois de se dévoiler plus facilement. Je pense notamment aux services d’écoute par téléphone qui permettent aux personnes en difficulté de trouver une écoute, un conseil… sans forcément dévoiler leur identité.

Le téléphone est donc adapté à beaucoup de situations et notamment aux échanges intimes.

Le SMS

Dans l’idéal, il me semble qu’il conviendrait de n’utiliser ce moyen que de façon utilitaire, pour échanger des informations sur des sujets précis…

Dès qu’il y a besoin d’un échange plus profond, sur un sujet important qui mérite une véritable discussion, il me paraît préférable d’utiliser un autre moyen que le SMS. Je suis toujours étonnée et un peu choquée de savoir par exemple que des personnes informent leur compagnon ou leur compagne de leur décision de rupture par SMS. Il me semble qu’il y a dans certains recours au SMS une sorte de comportement fuyant pour ne pas se confronter directement à la réaction de l’autre…

Le SMS me paraît vraiment inadapté pour communiquer sur des choses importantes (bon, allez à part le SMS qui dit « je t’aime » et qui est toujours bon à recevoir 😉 )

Le SMS, du fait du peu de caractères nécessite d’extraire l’essence de notre message, il nous oblige à aller à l’essentiel et ce n’est pas toujours évident. Sans compter bien sûr, l’orthographe et la ponctuation souvent défaillantes et les abréviations à la pelle… parfois c’est un vrai challenge que de déchiffrer les SMS !  Je vous propose donc de ne les utiliser que quand cela est vraiment nécessaire, pour dire des choses simples et précises.

Le SMS implique souvent une immédiateté des réponses, c’est une communication très rapide, qui ne nous laisse pas toujours le temps de peser nos mots.

Je vous invite à vous rappeler que communiquer implique de prendre en compte l’autre et la relation que nous entretenons avec lui, afin de partager quelque chose. Il est donc important de pouvoir peser ses mots avant de les écrire 😉

Le mail

Cette dernière remarque s’applique également au mail :  il s’agit de communiquer en conscience car les écrits restent.

Le mail n’est pas limité en caractères et permet d’en dire plus. La communication par mail présente beaucoup d’avantages. L’écrit permet de communiquer de façon plus réfléchie, plus posée. Le destinataire peut lire et relire le mail pour le comprendre.

Les réseaux sociaux

Sur les réseaux sociaux, la communication se fait souvent à un groupe de personnes, elle est dans ce cas non personnalisée : je partage quelque chose au monde… et j’attends les commentaires 😉 Cela nous parle sans doute de notre besoin d’appartenance, et l’on n’est plus vraiment dans un échange intime mais plus dans l’idée de faire partie d’une communauté.

Il me semble que l’étendue des moyens de communication ne doit pas nous faire oublier de vivre 😉 Je pense notamment aux personnes qui communiquent sur ce qui se passe dans leur vie sur les réseaux sociaux, à des moments parfois surprenants. Il me semble que je ne peux pas à la fois vivre quelque chose à fond et communiquer dans le même temps…sinon je ne suis pas pleinement dans ce que je suis en train de faire 😉

Ainsi, les réseaux sociaux ne remplacent pas la vraie vie 😉

De façon générale, je vous propose de vous interroger sur ce que vous partagez avec les autres, sur la finalité de votre communication ainsi que sur les personnes à qui vous vous adressez. En bref, communiquer en conscience…

Rien ne remplace les échanges « pour de vrai », en chair et en os… et je vous conseille, pour toutes les choses importantes, de communiquer en direct avec la personne concernée… c’est ainsi que la communication déploie toutes ses subtilités.

Et vous, quels moyens de communication utilisez-vous le plus souvent, que préférez-vous, quelles sont vos expériences de ces moyens de communication ?

Je vous invite à partager dans les commentaires.

A bientôt !

Est-ce que la Méthode ESPERE®, ça marche ?

Eh oui, voici la question qui m’est posée assez souvent finalement et je tenais aujourd’hui à faire une réponse sur ce blog.

Je transmets la Méthode ESPERE® de Jacques Salomé et je reçois parfois des mails de personnes qui me demandent des « trucs », des « solutions », afin d’obtenir un changement chez leurs enfants ou sur leur conjoint.

Par exemple : comment faire pour que mon fils écoute ce que je lui dis ? Comment faire en sorte que mon mari soit plus attentionné ? Que mon chef arrête de me harceler? Bref, à l’heure de l’efficacité, on me demande « mais est-ce que ça marche avec tout le monde? »

Bien sûr, je peux tout à fait répondre et d’ailleurs je réponds avec plaisir 🙂 à ces questions en vous disant par exemple qu’il est possible de faire de vraies demandes et vous inviter à les formuler d’une certaine façon. Ainsi, vous aurez plus de chance d’avoir des réponses. Il est certain que la qualité de la relation peut effectivement s’améliorer grâce à la communication. Moins je pratique le système SAPPE, plus j’ai de chance de pouvoir être entendu sereinement et d’échanger de façon authentique avec l’autre.

Donc apprendre à communiquer a des effets positifs sur nos relations.

Pour autant, apprendre à communiquer ne sert pas à changer les autres. Cela sert plutôt à accepter les autres tels qu’ils sont et à faire avec 😉 de façon plus sereine en se responsabilisant.

La Méthode ESPERE®, comme je le répète souvent, n’est pas une succession de recettes que l’on pourrait appliquer ici et là dans ses relations, et encore moins avec l’objectif de changer l’autre.

Vouloir changer l’autre, le faire entrer dans nos désirs, et pour cela appliquer une méthode, cela s’appelle pour moi de la manipulation (même avec les meilleures intentions du monde 😉 ).

Ce n’est pas du tout ce que propose la Méthode ESPERE®. Au contraire, celle-ci nous enseigne à commencer à nous occuper de notre bout de la relation (à travers l’écharpe relationnelle), c’est-à-dire à nous responsabiliser.

Apprendre à communiquer, c’est commencer à être conscient de notre propre responsabilité de notre relation, et d’accepter de laisser celle de l’autre.

C’est pratiquer une éthique : se respecter, respecter l’autre et la relation. C’est renoncer à s’auto-accuser et à accuser les autres.

Apprendre à communiquer, ce n’est pas manipuler… c’est introduire du changement en soi et donc à l’intérieur de ses relations.

Je tiens beaucoup à cela.

Si vous mettez en pratique des outils, des concepts de la Méthode ESPERE®, je vous invite à le faire pour vous, pour vous sentir mieux à l’intérieur de vous et dans vos relations.

Faites-le par respect pour vous-même, par principe, indépendamment du résultat… et vous serez étonnés du résultat 😉

A bientôt !

10 façons de mieux communiquer avec la Méthode ESPERE®

Ruisseau sillonnant les bois.Voici un article que j’avais écrit l’année dernière, dans lequel je vous propose quelques balises qui vous permettront, je l’espère, de mieux communiquer avec les autres. Il ne s’agit pas de recettes toutes prêtes, plutôt de pistes à  explorer, pas à pas. Elles sont issues de la Méthode ESPERE® de Jacques Salomé.

1) Commencer par s’écouter

Avant même d’envisager de communiquer avec les autres, il s’agit de s’écouter pour entendre ce que nous avons à l’intérieur de nous. Cette communication avec soi-même est souvent négligée : nous parlons sans prendre le temps d’écouter ce qui nous habite.

Je vous invite donc avant toute tentative d’échange à clarifier en vous-même ce que vous souhaitez échanger avec autrui : un ressenti, une idée, une demande, un refus…

2) Parler de soi à l’autre

C’est un véritable apprentissage et une discipline au quotidien : utiliser le « je » le plus souvent possible, afin que la communication devienne personnelle et authentique. En parlant de soi, il est possible d’exprimer ce que l’on ressent, ce que l’on pense, ses désirs, ses doutes…

3) Ne plus parler sur l’autre

Cela va avec le fait de parler de soi : arrêter de dire « tu…tu…tu », ce que Jacques Salomé appelle la relation klaxon. Je vous en donne un échantillon : « tu ne fais jamais ce que je te dis…tu ne ranges pas ta chambre… tu me déranges avec tout le bruit que tu fais ».

Il serait possible pour passer du « tu » au « je », de dire par exemple : « je suis dérangée par le bruit » et non « tu me déranges ».

Je pense que vous avez compris l’idée : quand nous disons « tu », nous parlons sur l’autre et non de nous et il en sort rarement quelque chose de positif.

Arrêter le « tu » est à mon sens plus qu’un défi, c’est une révolution relationnelle ! Je vous invite fortement à essayer et j’attends vos retours !

4) Éviter les on

Pour personnaliser les échanges, je vous recommande de cesser également les « on ». Cela vous permettra de vous impliquer davantage, de sortir des idées toutes faites et de la communication stéréotypée.

Par exemple, « on n’a pas envie de sortir par le temps qu’il fait » peut être remplacé par « je n’ai pas envie de sortir… ».

Si vous dites souvent « on » pour vous et votre partenaire, ce sera l’occasion de sortir de la fusion avec lui ou elle et de commencer à dire « je ».

Exemple : « on irait bien au cinéma ce soir? » peut être remplacé par « je te propose d’aller au cinéma ». C’est plus impliquant, non?

5) Pratiquer la communication directe

Il s’agit de parler à la personne concernée par ce que vous avez à dire. Par exemple, si vous avez une difficulté avec votre chef, je vous invite fortement à lui en parler directement, même si cela vous paraît difficile au début.

Cela sera bénéfique pour la relation que vous avez avec lui. Si vous en parlez à vos collègues, le problème ne sera pas résolu et ils seront mêlés à quelque chose qui ne les concerne pas directement.

6) Débusquer les non-dits

Si vous avez quelque chose à dire à quelqu’un, dites-le ! C’est aussi simple que cela : les non-dits empoisonnent les relations, créent de la gêne, des conflits larvés… Même si c’est difficile, il est toujours possible de se dire, en disant « je », si vous avez bien lu le début de l’article 😉

7) Tenir compte de la relation

La communication doit permettre d’alimenter les relations, de les faire vivre et non de les détériorer. Je vous invite à garder cela à l’esprit lorsque vous dites quelque chose à quelqu’un, surtout si la relation est importante pour vous.

De la façon dont vous communiquez dépend la qualité de la relation que vous entretenez avec autrui.

8) Concrétiser

Il s’agit de sortir de la généralisation pour parler des situations concrètes.

Exemple : »je ne comprends jamais rien aux projets de cette boîte ! » pourrait être remplacé par « je ne comprends pas tel aspect du projet » et peut-être serait-il possible de formuler une demande « je souhaiterais avoir des précisions »…

9) Écouter l’autre sans l’interrompre

Quel plaisir de pouvoir parler en étant entendu ! Vous en avez sûrement déjà fait l’expérience. La bonne nouvelle, c’est que plus vous écoutez une personne sans lui couper la parole, plus elle se sent entendue, et plus elle sera disposée à son tour à vous écouter.

10) Accepter le point de vue de l’autre comme étant le sien

Même si nous ne partageons pas un avis, il est possible de reconnaître l’existence de ce point de vue, différent du nôtre… C’est un véritable apprentissage de la tolérance.

 

J’espère que ces quelques balises vous seront utiles pour améliorer votre façon de communiquer. Je vous invite à essayez et, si vous le souhaitez,  vous pouvez  faire part de vos témoignages et de vos questions dans les commentaires.

Belle route sur ce chemin toujours étonnant de la relation !

 

 

 

La différence entre sentiments et relations expliquée par Jacques Salomé

C’est un concept clé de la Méthode ESPERE®, je partage donc cette vidéo de Jacques Salomé avec vous.

Si vous avez des questions à ce sujet, je vous invite à me laisser des commentaires en dessous de la vidéo, pour que je puisse vous répondre 🙂

A bientôt !

 

Communiquer… à tout âge !

Comme vous le savez, j’enseigne la communication dans les rapports humains… et il n’y a pas d’âge pour commencer cet apprentissage. C’est pourquoi Jacques Salomé souhaiterait que l’on enseigne la communication à l’école, afin que chacun puisse avoir, dès l’enfance, les repères et les outils nécessaires à la construction de sa vie relationnelle.

J’ajouterai qu’il n’y a pas d’âge limite pour apprendre la communication. A l’origine d’une volonté de se former à la communication, se trouve un besoin. Un besoin de trouver des repères pour une vie relationnelle plus harmonieuse peut émerger à tout âge, en fonction des événements de la vie, des deuils, des séparations, des rencontres… Il s’agit parfois d’une prise de conscience douloureuse, de toute une remise en question de nos vieux schémas…

Parfois, lorsque nous découvrons qu’une autre façon de communiquer est possible, sans violence, nous pouvons être tentés de nous reprocher de ne pas avoir découvert cela avant, de ne pas avoir engagé cette démarche de changement plus tôt, ce qui nous aurait peut-être permis d’éviter certains conflits, certaines douleurs… C’est ce que j’observe parfois chez certaines personnes.

Oui parfois, il arrive que certains participants à mes stages, en découvrant la Méthode ESPERE® me disent : mais alors, tout ce que j’ai fait jusqu’à présent, ce n’était pas bien ! La façon dont j’ai élevé mes enfants, celle dont je communique avec ma femme etc ?

C’est vrai, il peut être douloureux de réaliser, de prendre conscience que nous étions parfois aveuglés, encombrés par notre histoire, que nous répétons des schémas… Si nous empruntons aujourd’hui ce chemin de la découverte de soi et de l’autre… c’est que c’est tout simplement le bon moment, celui où nous avons à la fois un réel besoin et une ouverture au changement. Cette ouverture au changement, je la définirai comme une capacité à lâcher-prise sur l’ancien, sur ce qui ne nous convient plus… être prêt à découvrir d’autres façons d’être, de faire, de sentir…

Vous verrez peut-être autour de vous plein de personnes qui auraient bien besoin elles-aussi d’apprendre à mieux communiquer 😉 (C’est d’ailleurs toujours plus facile de le voir chez les autres que chez soi-même !)

Je vous invite alors à vous rappeler que le changement est déstabilisant et que c’est à chacun de décider s’il souhaite ou non voir advenir le changement dans sa vie.

Quel que soit votre âge, quel que soit l’endroit où vous êtes arrivé dans votre vie, sachez donc accueillir cette possibilité de changement dans votre vie quand elle se présente… sans vous juger.

Vous morfondre sur ce que vous auriez pu faire ou ne pas faire est encore une façon insidieuse de vous culpabiliser, donc de rester dans le système SAPPE, donc de ne pas changer.

Finalement, nous ne sommes pas censés savoir communiquer si personne ne nous l’a appris… Mais le jour où nous découvrons qu’il est possible d’apprendre, de faire autrement, alors il est de notre responsabilité du faire du mieux que nous pouvons, pour être mieux avec nous-même et mieux avec les autres.

Si cela passe nécessairement par des remises en question, cela n’implique pas de se culpabiliser… Au contraire, l’acceptation de ce qui est est la clé du changement.

Alors, plutôt que de regarder comment vous avez été en difficulté pour communiquer jusqu’à présent, je vous invite à diriger votre attention et vos efforts sur tout ce que vous pourrez désormais mettre en place pour changer votre façon d’être en relation avec les autres 🙂

 

 

Dire « je » ne suffit pas pour parler de soi

Je voudrais dans cet article revenir sur une règle d’hygiène relationnelle enseignée par la Méthode ESPERE® de Jacques Salomé, selon laquelle je parle de moi à l’autre et j’apprends à ne plus parler sur l’autre.

Pour simplifier, il s’agit effectivement de dire « je » le plus possible et « tu » le moins possible.

J’ai constaté parfois dans ma pratique professionnelle que certaines personnes s’en tiennent à cela et pensent qu’il suffirait de dire « je » pour bien communiquer.

L’idée en disant « je » est toujours de parler de soi et d’arrêter de parler sur l’autre. Or si je dis par exemple « je pense que tu exagères », il y a certes un « je » mais il s’agit d’une parole sur l’autre, donc non personnalisée.

Pour parler de soi, il s’agira donc d’arrêter de parler sur l’autre, même avec des « je pense », « j’espère », « je crois »…

Parler de soi signifie témoigner de ce que l’on a à l’intérieur de soi,  de ce que l’on vit,  de ce que l’on ressent… 

Je sais, cela pourra paraître difficile à beaucoup de personnes. Pourtant se positionner, exister dans une relation passe par cette étape.

Pour vous y aider, voici la question clé que vous pouvez vous poser chaque fois que vous êtes tenté de parler sur l’autre et de dire « tu » :

« qu’est ce que cela me fait ? » ou bien « qu’est-ce que je ressens ? »

Exemple : mon fils est en retard en rentrant de l’école. Je peux être tentée de le gronder et de lui dire : « tu es en retard, tu me fais des frayeurs, tu te fiches de ce que je ressens… » C’est-à-dire une culpabilisation : je fais porter à l’autre la responsabilité de ce que je ressens.

L’autre possibilité, que je vous propose, serait de se demander : qu’est-ce que je ressens quand mon fils rentre en retard de l’école ?

Peut-être de la colère, de l’inquiétude, du soulagement quand je le vois rentrer…

Il serait alors possible de dire cela simplement : « j’étais inquiète de ne pas te voir rentrer, je suis en colère par rapport à ce retard… ».

A travers ce « je », il y a une responsabilisation de la personne qui parle… et un espace pour celui qui écoute qui va pouvoir se positionner à son tour peut-être…

A chacun son bout de la relation… Je vous invite à tenter l’aventure !

Pour apprendre à parler de vous, je vous invite à consulter également cet article : « Mieux communiquer en disant « je » « .

Apprendre à refuser

Anaïs EUVERTE post on avril 14th, 2014
Posted in La communication relationnelle Tags:communiquer , dire non , refuser

Peut-être faites vous partie des (nombreuses) personnes qui ont des difficultés à poser des refus. Dire non est une épreuve pour beaucoup de gens, c’est pourquoi ils préfèrent parfois dire oui « pour avoir la paix ».

Je vous renvoie sur ce point à un précédent article dans lequel je vous donne la différence entre le désir d’affirmation et le désir d’approbation.

Dire oui alors que nous pensons non ne nous rend pas service même si sur le moment, cela peut nous économiser un conflit ou une déception.

Le manque d’authenticité de notre comportement nous coûtera toujours d’une façon ou d’une autre, ne serait-ce que parce que nous ne serons pas reconnus tels que nous sommes vraiment.

Ainsi, je voudrais dans cet article vous rappeler d’une part qu’il est possible et souhaitable de pouvoir se respecter suffisamment pour oser dire non, et d’autre part vous donner quelques repères pour vous positionner de façon relationnelle, afin que la relation ne soit pas blessée par votre « non ».

D’abord je voudrais vous rappeler que vous n’avez pas besoin de vous culpabiliser lorsque vous dites « non ». En effet, vous n’êtes pas responsable de la réaction d’une personne à la suite de votre refus. Pour garder cela à l’esprit, je vous invite à utiliser l’écharpe relationnelle. Cet outil permet en effet de bien conscientiser que vous n’êtes responsable que de votre bout de la relation, et pas de celui de l’autre.

Vous êtes donc responsable de votre refus, pas de la réaction de l’autre, vis-à-vis de votre positionnement. Chaque fois que vous dites oui pour ne pas blesser l’autre, pour ne pas le décevoir, vous prenez une responsabilité qui n’est pas la vôtre et vous privez une personne de la possibilité d’être en relation juste avec vous. Vous ne lui laissez pas la chance de pouvoir se positionner à son tour.

D’autre part, voici quelques conseils pour formuler vos refus de façon relationnelle, c’est-à-dire d’une façon qui soit nourrissante pour vos relations.

1) Entendre la demande

Avant de vous précipiter à dire non, je vous invite à prendre le temps d’écouter ce que vous dit la personne et de donner de l’importance à cette demande. En effet, ce n’est pas parce que vous ne pouvez ou ne voulez pas y répondre que cette demande doit être disqualifiée.

Si une personne nous fait une demande, elle prend le risque de notre réponse, c’est pourquoi je vous invite à ne pas juger ou dévaloriser cette demande.

Je vous invite donc à écouter l’autre avec respect, jusqu’au bout.

2) Confirmer

Je vous propose ensuite d’utiliser l’outil de la confirmation pour signifier à l’autre que vous l’avez bien entendu.

Exemple : « Oui, j’ai bien entendu que tu souhaites que je t’accompagne à ce spectacle… »

Cela permettra à la personne de se sentir entendue, de conscientiser que son message est bien arrivé jusqu’à vous, ce qui est essentiel pour une bonne communication.

3) Se positionner

Enfin, il s’agit de donner votre réponse à la demande qui vous est faite, en disant « je », afin de bien vous positionner à votre bout de la relation.

Si je reprends mon exemple, je peux répondre « j’ai d’autres projets pour ce soir » ou « je ne partage pas le désir d’assister à ce spectacle »…

4) Différencier la demande et la personne

Si vous sentez que cela est nécessaire ou si vous constatez que la personne vit mal votre refus, il est toujours possible de préciser qu’il s’agit d’un refus par rapport à cette demande et non contre cette personne.

Exemple : « Ce n’est pas contre toi que je dis non, c’est par rapport à ta demande ».

Il est possible d’utiliser la visualisation pour cela : demander à la personne de prendre un objet pour montrer sa demande, afin de ne pas la confondre avec elle. De la même façon, prendre un objet pour montrer votre refus, afin que vous ne soyez pas confondu avec votre réponse.

Ainsi, en suivant cette trame : écouter la personne dans sa demande, confirmer que vous l’avez entendue, et vous positionner par rapport à cette demande et non contre la personne… vous avez toutes les chances que la personne entende à son tour votre refus. Vous aurez ainsi pris soin de votre relation avec cette personne.

Pour conclure, je vous invite à garder à l’esprit une phrase de Jacques Salomé :

  « c’est en osant dire non que j’ai appris à dire de vrais oui ».

 

Le principe des vases communicants dans nos relations

049Avez-vous remarqué comme il peut nous arriver parfois de décharger sur une personne une frustration ou une colère que nous éprouvons par rapport à une situation qui n’a rien à voir avec cette personne ? Il s ‘agit du principe des vases communicants.

Il y a le vase communicant travail/couple. Par exemple, mon chef m’a fait des reproches concernant un dossier dans la journée et le soir, emplie de colère et d’un sentiment d’injustice, je vais m’en prendre à mon conjoint pour une « broutille » (le rangement des vêtements par exemple). Cela va bien sûr avoir pour effet de générer une tension voire un conflit et aussi de l’incompréhension de la part de mon conjoint qui peut-être sera surpris de l’intensité de ma réaction.

Le vase communicant relation de couple/relation parent-enfant fonctionne lui aussi très bien malheureusement. Il s’agit de décharger sur nos enfants les tensions que nous éprouvons dans notre relation de couple. Je suis frustrée ou triste de l’attitude de mon conjoint, alors je m’énerve très rapidement sur mes enfants. Ceux-ci subissent alors mes sautes d’humeur sans comprendre et peuvent ressentir de l’injustice.

Je pense que chacun de nous a déjà vécu de type de situation.

De façon encore plus inconsciente, il existe un vase communicant entre nos relations passées et présentes avec nos propres parents et celles que nous avons avec nos proches aujourd’hui. Ainsi, ce que nous n’avons pas réglé vis-à-vis de nos propres parents risque de resurgir dans d’autres relations. Si j’ai un conflit non réglé avec ma mère, je vais peut-être « décharger » cela d’une façon ou d’une autre sur mes enfants. Il en va ainsi notamment des violences reçues dans l’enfance qui peuvent, si l’on n’en guérit pas, être reproduites avec nos propres enfants, ou bien s’exprimer sur nous-mêmes par le biais de somatisations par exemple.

Ainsi, rien ne se perd : les émotions, les violences, les paroles, les actes circulent en nous et dans nos différentes relations. Si nous ne mettons pas de mots dans la relation concernée, nous allons d’une façon ou d’une autre nous exprimer ailleurs, à un autre moment… Et cela ne pourra pas régler la situation puisque nous n’aurons pas agi au bon endroit.

Alors comment sortir de ce système de vases communicants, ou au moins minimiser ses effets les plus néfastes ?

D’abord, en prenant conscience que nous avons différentes relations autour de nous, professionnelle, de couple, parent-enfant, familiale, amicale… Chacune est unique et demande à être traitée individuellement. Vous pouvez visualiser ces différentes relations avec des écharpes pour voir les couleurs, les textures uniques de chaque relation. Il s’agit de vivre nos relations, en ayant conscience de la personne qui se trouve en face de nous.

Ensuite, je vous propose de régler les choses au fur et à mesure dans chaque relation concernée. Si j’ai une demande à faire, un ressenti à exprimer, je le fais à la personne concernée. Inutile donc d’accabler mon partenaire de couple de mes problèmes au travail : je vais plutôt tenter de les régler. Il s’agira par exemple de dire notre frustration à notre chef, au lieu de la décharger sur notre conjoint.

D’ailleurs, cela permet de garder nos énergies pour régler les problèmes plutôt que d’en parler sans agir ;).

De même, il s’agira de dire à notre mari ou à notre épouse que nous avons mal vécu tel comportement, plutôt que de s’emporter sur nos enfants.

Je vous invite donc (une fois de plus 😉 ) à mettre des mots le plus souvent possible, à dire votre ressenti, à exprimer vos besoins à la personne concernée. Cela permettra de décharger votre tension intérieure, donc d’être plus disponible pour vos autres relations.

Enfin, quand mettre des mots n’est pas possible ou n’est pas suffisant, il est toujours possible de symboliser ce que nous avons à l’intérieur de nous pour ne pas le faire peser sur les autres.
Si je reprends mon exemple de difficultés au travail : en rentrant à la maison, pour être plus disponible pour mon conjoint et mes enfants, je peux prendre un objet pour symboliser mes préoccupations ou ma colère, ou tout autre chose qui m’encombre et je peux laisser cet objet dans l’entrée. Ainsi, je fais de la place en moi pour vivre d’autres choses, dans les relations présentes.

Au sujet des objets déposés dans l’entrée, il est possible de proposer cette démarche à chaque personne de la maison, ainsi chacun pourra déposer ce qui l’encombre et l’empêche d’être présent… Prévoir une grande boite 😉

Je vous parlerai prochainement plus en détails des démarches symboliques.

J’espère en tous cas que cet article vous aura donné quelques pistes pour communiquer plus en conscience dans chacune de vos relation.

NB :  J’en profite pour vous dire que j’ai créé un nouveau site consacré à mon activité  :

http://www.lescheminsdelarelation.com

Vous trouverez désormais sur ce site toutes les informations concernant mes consultations, les dates de stages et d’ateliers….

Le blog sera désormais uniquement dédié aux articles que j’écris et aux échanges avec vous 🙂

Très belle semaine à chacun !

Traverser les conflits

Anaïs EUVERTE post on février 17th, 2014
Posted in La communication relationnelle Tags:colère , conflit , méthode espere

Apprendre à communiquer ne signifie pas ne plus avoir de conflit, ni d’ailleurs être d’accord sur tout.

Car si c’est cela que vous attendez de la communication, alors j’ai une mauvaise nouvelle pour vous : je n’ai pas la recette pour ne plus avoir de conflit, ni pour avoir des relations idéales 😉 Et si vous l’avez, je suis preneuse !

Plus sérieusement, il me paraît important de dépasser cette idée reçue selon laquelle une bonne communication serait synonyme d’une absence de problème dans nos relations.

Je voudrais vous parler de la colère.Pour moi, cela a été un apprentissage que d’apprivoiser cette émotion.

La colère est une émotion, certes ce n’est peut-être pas celle que nous préférons ressentir, mais elle existe et elle a une raison d’être. C’est celle qui nous permet de protéger notre intégrité et de faire respecter nos limites. Être en colère est bien sûr complètement différent d’être violent. Je peux être en colère sans en rendre l’autre responsable, sans lui envoyer des messages négatifs ou violents. Il est possible d’apprendre à ressentir sa colère et à l’exprimer en disant « je suis en colère, voilà ce qui est touché en moi ».  Ou alors si j’ai besoin de sortir plus violemment ma colère (il y a des colères qui sont de vraies tornades !), alors je peux le faire en m’isolant, en tapant sur un coussin, en criant…. sans la jeter sur l’autre.

Si la colère est tue, si elle est refoulée parce que nous ne l’acceptons pas, alors il y a le risque qu’elle ressurgisse sous forme de violence, d’une façon ou d’une autre… C’est pourquoi je vous invite à écouter votre colère et à l’exprimer.

Apprendre à communiquer, en utilisant la Méthode ESPERE®, permet l’apprentissage de l’expression des émotions de façon authentique et respectueuse de l’autre. Cela permet aussi d’entendre ce qui est réveillé en nous quand nous sommes en colère. Les émotions sont le langage du retentissement, c’est-à-dire qu’elles sont le signe qu’une situation inachevée ou une blessure ancienne est réveillée. Un travail de reliance peut donc être mené pour entendre cette situation du passé et pouvoir la guérir. Il y a un lien très fort entre nos relations présentes et notre passé relationnel.

Je suis seul responsable de ce que je ressens, quel que soit le comportement de l’autre. C’est cela qui change tout : j’apprends à me responsabiliser par rapport à ce que je ressens au lieu d’accuser les autres.

Par rapport à la notion de conflit, beaucoup de personnes sont en difficulté. Elles préfèrent taire leur position ou leur désaccord, plutôt que de risquer de se confronter à l’autre. Cela crée des tensions, des non-dits…en fait, il y a alors un conflit larvé qui ne peut être résolu tant qu’il n’est pas ouvert.

Les non-dits polluent les relations, alors que les conflits peuvent les nettoyer, à condition que ces derniers soient traités sur un mode relationnel.

Alors comment vivre des conflits relationnels ?

D’abord en acceptant la position de l’autre comme étant la sienne, même si nous ne sommes pas en accord avec. Un outil vous permet cela, c’est la confirmation : il s’agit de confirmer le point de vue de l’autre comme étant le sien, ce qui permet à la personne d’être entendue.

Je peux ensuite apposer mon propre point de vue, donner ma position, en utilisant les bases de la communication relationnelle : parler à partir de « je », ne pas parler sur l’autre…

En apposant les points de vue, sans les opposer, nous pouvons constater peut-être des points d’accord et des points de désaccord. Il est alors possible de s’appuyer sur les points d’accord, de les constater et de négocier sur les points de désaccord, chacun pouvant développer sa position et argumenter. Parfois, les points de vue pourront se rejoindre, parfois, ce sera le constat de nos différences qui en ressortira… En tous les cas, il est possible de préserver la relation, même en cas de conflit !