Category Archive:Des réponses à vos questions

Difficultés relationnelles : les questions à se poser

Je réponds aujourd’hui à une question de Diane :

« Bonjour, Je voulais vous demander conseil, que feriez-vous d’une relation avec une personne qui souffre d’un trouble de personnalité narcissique? Auriez-vous le goût de vous sauver à toute vitesse ou vous seriez tentée de poser un geste, une action pour entretenir cette relation amère? Merci de votre réponse »

 

Je vous remercie, Diane, pour votre question, qui va me permettre de vous parler de la responsabilisation.

Ma première remarque sera de vous inviter à distinguer cette personne et la relation que vous avez avec elle.

Si le trouble de personnalité se trouve chez cette personne, la relation, elle, existe entre vous deux et vous en êtes coresponsables. Ainsi, de mon point de vue, la relation n’est pas « amère » seulement du fait de la personnalité narcissique de l’autre… Il serait d’ailleurs bon de savoir si ce trouble a été diagnostiqué médicalement ou si l’expression vient de vos propres observations.

Attention en effet à la « psychologisation » des relations qui nous conduit parfois à mettre des étiquettes sur des personnes… Cela nous permet d’ailleurs de faire l’économie d’une remise en question personnelle, puisque c’est l’autre qui a un trouble de personnalité 😉 . Rappelons-nous qu’il est toujours plus facile de voir chez l’autre ses travers et ses difficultés plutôt de que de voir les nôtres…

Dire que l’autre a un trouble de personnalité peut vous amener à vous victimiser et à lui donner systématiquement tort.

 

C’est pourquoi, voici les questions que je vous inviterais à vous poser :

 

– Comment vivez-vous cette relation  ?

Nous n’allons pas nous occuper de l’autre, dans cet exercice, ni de ses troubles, ni de ses comportements. Il ne s’agit pas de le juger, de l’étiqueter ou de parler sur lui, simplement de vous demander comment vous vivez cette relation. Est-elle bonne pour vous ?

Vous pouvez ainsi faire le point sur ce que vous vivez : conscientiser ce que vous recevez et ce que vous donnez.

Comment cette relation est-elle alimentée? Par quels types de mots, de gestes, de comportements? Cela est-il satisfaisant pour vous?

Prenez le temps de faire ce travail par écrit et le plus sincèrement possible.

Vous pouvez faire le point depuis le début de votre relation, et lister le positif et le négatif vécus avec cette personne.

 

– Quelle est votre part de responsabilité dans ce qui se passe ?

Quel que soit l’état de la personnalité de l’autre personne, vous êtes coresponsable de la relation. Nous sommes responsables à 50% des relations que nous vivons.

Pour grandir, pour évoluer et ne pas répéter sans cesse les mêmes schémas, il est indispensable de prendre la responsabilité de ce que nous vivons.

Je vous propose de vous interroger sur la dynamique relationnelle présente avec cette personne et sur la façon dont vous y collaborez.

Pour que ce soit plus concret, je vous donne un exemple : si votre ami oublie un rendez-vous qu’il a avec vous, il est responsable de son oubli. De votre côté, vous êtes responsable de votre réaction face à cette situation : allez-vous vous mettre en colère, bouder, allez-vous mettre des mots et vous expliquer ou vouloir lui faire payer plus tard cet oubli? Allez-vous lui prêter des intentions, vous sentir rejetée…?

Il s’agit donc de regarder comment vous faites avec ce qui vous arrive, comment vous vous en débrouillez, comment vous alimentez (peut-être) le conflit.

Ce n’est pas facile de faire ce travail, car la tentation est grande de faire peser sur l’autre l’entière responsabilité de ce qui se passe. Il y a des zones aveugles à l’intérieur de nous, des endroits obscurs qui co-créent les rencontres et les relations difficiles.

Il faut beaucoup de lucidité et de courage pour les débusquer et accepter notre part de responsabilité dans la relation.

Il est possible pour cela de se faire aider, éventuellement avec un praticien ESPERE®, pour y voir plus clair.

 

– Que pouvez-vous changer dans cette relation ?

A votre niveau, vous ne pouvez jamais changer l’autre mais vous pouvez transformer la relation que vous avez avec lui.

En commençant à vous respecter, à vous positionner, à dire ce que vous ressentez, à refuser certains comportements qui ne sont pas bons pour vous…

Je vous invite, pour cela, à vous servir de la Méthode ESPERE® : les moyens de mieux communiquer et l’écharpe relationnelle.

La relation est un canal dans lequel circulent des messages. Si trop de messages négatifs ont circulé, alors le tuyau est encrassé 😉 Dans ce cas, il peut être utile de nettoyer la relation, c’est une démarche que nous proposons en Méthode ESPERE® qui consiste notamment à restituer symboliquement le mauvais reçu dans la relation, afin que cela n’encombre plus les échanges.

 

Après avoir fait ce travail d’introspection et de remise en question, soit vous pourrez décider d’améliorer la relation, soit vous constaterez que vous désirez arrêter la relation… pour vous respecter.

Dans tous les cas, ce sera en fonction de vous, de vos besoins, de vos limites, de vos attentes… et non en fonction de l’autre.

En conclusion, je vous livre cette parole que j’ai entendue de Jacques Salomé et qu’il adressait à une femme qui se plaignait qu’un homme ne la respectait pas :

« ce n’est pas lui qui ne vous respecte pas, c’est vous qui ne vous respectez pas en restant dans cette relation ».

Oui, je crois vraiment que la réponse est à l’intérieur de vous seulement…

Je vous souhaite le meilleur.

Ecouter l’enfant

Je réponds aujourd’hui à une demande d’une maman :

« Mon fils de 8 ans a tous les ans à la même époque, c’est à dire depuis 2 ans après les vacances de la Toussaint, une désorganisation et déconcentation à l école. Il est ailleurs. Merci de m’aider. »

 

Quand je lis votre question, je suis tentée de répondre dans la simplicité car il me semble que votre enfant n’est pas le seul dans ce cas.

1) Désorganisation et déconcentration peuvent être simplement les symptômes d’une fatigue. Il s’agirait de vérifier si votre enfant dort bien et se nourrit de façon équilibrée. Si ce changement de comportement intervient après des vacances, il est possible que ce soit lié au changement de rythme.

Nous exigeons souvent beaucoup de nos enfants, les emplois du temps entre l’école et les loisirs sont parfois chargés pour eux. C’est peut-être aussi le signe qu’il a besoin de souffler ou de rêver, d’où son comportement d’être ailleurs.

Mais peut-être vit-il des choses difficiles à l’école, avec son professeur ou avec ses camarades de classe. Il peut aussi vivre difficilement quelque chose au sein de sa famille (conflit entre les parents, avec ses frères et sœurs…) : ce n’est pas parce ce que le comportement se passe à l’école, que c’est lié à l’école.

Il s’agirait d’observer votre enfant pour en savoir plus et d’engager un dialogue à ce sujet pour identifier ce qu’il vit et de quoi il aurait besoin.

Les questions clé pour vous guider sur cette première piste serait « qu’est-ce qui se passe pour toi ? de quoi as-tu besoin? »

 

2) Si vous pensez qu’il ne s’agit pas d’un besoin non comblé de votre enfant et que vous ne pouvez pas relier ce comportement à une situation vécue, rappelez-vous que les comportements des enfants sont des langages.

Votre fils dit par ce comportement quelque chose qu’il ne dit pas autrement.

Là encore, seule l’écoute que vous pouvez lui proposer permettra d’en savoir plus.

La question clé pour vous guider sur cette 2ème piste serait « que tentes-tu de dire? »

Vous notez que ce comportement se reproduit depuis 2 ans à la même époque, est-ce que vous pouvez relier cela à un événement précis qui serait survenu à la Toussaint (décès, déménagement, séparation, perte d’un animal….)? Cela peut vous guider également.

Vous pouvez vous demander la même chose à votre sujet : est-ce que cette période est chargée pour vous émotionnellement, symboliquement ? Car les enfants ressentent cela, il entendent au-delà des mots les souffrances non dites de leurs parents.

 

Ce sont simplement des pistes d’écoute que je vous livre là.

Dans tous les cas, il ne s’agit pas de coller à un comportement d’enfant une explication que nous aurions en tant qu’adulte, mais bien de montrer à l’enfant que nous entendons, nous remarquons son comportement et de lui permettre ainsi d’être entendu…. La réponse étant bien sûr chez l’enfant.

Pour approfondir cette question de l’écoute, je vous invite à lire mon article sur le sujet : quelques pistes pour écouter.

 

N’hésitez pas à nous tenir au courant !

Des pistes pour parents en difficulté

Je réponds aujourd’hui à une question de Laure, qui rencontre une situation familiale difficile.

« Bonjour,
je m’occupe de mes 3 enfants; le papa est absent en ce moment, et quand il est là il a aussi du mal à poser des limites sans être violent(cri, brusque, mais pas de fessé) après avoir répété 10 fois la même chose.
Pour ma part, j’ai aussi des difficultés à être claire, ferme dans les règles, je m’énerve pour tout et je m’exprime le plus souvent agressivement.
Mon 2ème enfant (un garçon de 3.5 ans)est violent avec lui même et les autres et il ne respecte pas les règles: il touche tout et casse beaucoup, fait beaucoup pipi dans sa culotte…
J’en suis à ma 10ème fessée et culpabilise beaucoup en voyant que ça le rend encore plus violent.
Avez vous des pistes?
merci « 

 

Merci Laure, pour votre témoignage. Je suis touchée de connaître votre situation.

A travers votre mail, je peux imaginer que votre famille rencontre une crise, dont il s’agirait de sortir rapidement pour ne pas s’engouffrer plus avant dans la violence et la souffrance.

Je vous invite à lire mon précédent article sur la violence de l’enfant qui peut vous apporter quelques repères sur les comportements agressifs de votre fils.

Voici plusieurs pistes issues à la fois de la Méthode ESPERE® de Jacques Salomé, et de mon expérience personnelle et professionnelle, qui peuvent aider les parents en difficulté :

 

1) Proscrire la violence

Je vous propose tout d’abord d’ériger en principe dans la famille que la violence est interdite. C’est le cas dans la société, à l’école, dans la rue… il serait étrange qu’il en soit différemment au sein de la famille. Je ne vais pas entrer dans le débat qui entoure la question de l’interdiction de la fessée. Je me limiterai à dire que la violence est interdite, y compris envers les enfants.

La loi interdit toute forme de violence envers quiconque (même si dans les faits, la société tolérait jusqu’alors que les parents donnent des gifles ou des fessées).

Par ailleurs, l’enfant reproduit les comportements de ses parents et il est très difficile de faire respecter une règle par ses enfants si en tant que parents nous ne la respectons pas nous-mêmes… Sans parler bien sûr des effets des violences qui peuvent être à l’origine de blessures chez nos enfants et pour cela je vous renvoie à l’article de Muriel Salmona sur les raisons d’interdire les punitions corporelles.

Pour toutes ces raisons, je vous propose de décider de régler autrement vos conflits et d’apprendre à gérer vos émotions.

Je vous inviterai même à faire une petite cérémonie, une sorte de rituel en famille pour déclarer ensemble que la violence est interdite et que désormais vous vous engagez à faire autrement. Prendre cet engagement solennel va vous obliger à trouver d’autres solutions.

 

2) Identifier les situations à risque

Je peux imaginer que vous vivez des situations dans lesquelles vous ressentez de la frustration et de la colère.

Pouvez-vous repérer ces situations ? Pouvez-vous les changer ? C’est-à-dire pouvez-vous vous organiser différemment pour ne pas avoir à vivre ce genre de situations ?

Par exemple, si vous êtes stressée par le manque de temps le matin, vous pouvez décider de vous lever un peu plus tôt. Ou bien si vous savez que c’est le moment des courses avec vos enfants qui pose problème, vous pourriez vous arranger pour faire les courses autrement ou sans vos enfants…

Nous croyons parfois que nous n’avons pas le choix… Mais il y a bien souvent des alternatives à nos façons de procéder… qui peuvent nous permettre de limiter les situations explosives.

 

3) Apprendre à concilier les besoins de chacun

Chacun des parents a deux dimensions dans sa fonction parentale. La mère peut être dans sa dimension mère ou maman. Le père peut être dans sa dimension père ou papa.

La dimension mère ou père se situe dans le demander et le refuser : ce sont tous les moments où nous allons demander des choses à nos enfants : mettre la table, se laver, faire les devoirs… et où nous allons aussi leur dire non : pour ce nouveau jouet, pour regarder la télé, pour manger des bonbons… Ce rôle est bien sûr important et structurant.

Le rôle d’une maman et d’un papa se situe plutôt dans le donner et le recevoir : donner du temps, des câlins, des cadeaux, de l’attention, de la tendresse, dire oui, jouer… et recevoir : être à l’écoute de ce que les enfants nous disent, accueillir leurs comportements, leurs émotions… Et ce rôle est tout aussi primordial; d’ailleurs avant l’âge d’un an, seul ce rôle de papa/maman est présent, la dimension frustrante du rôle de parent apparaissant progressivement après un an avec l’apprentissage des règles et des limites.

Les enfants ont besoin de toutes ces dimensions pour se construire.

Si les dimensions père et mère sont trop présentes, il y a un déséquilibre car l’enfant manque de maman et papa. Et inversement si le papa et la maman sont trop présents, il y aura également un déséquilibre et un manque de repères pour les enfants.

Il s’agirait donc de s’assurer que vous arrivez à équilibrer vos deux dimensions de votre rôle de parent. Je vous invite à regarder vos enfants et à vous demander : de quoi ont-ils besoin là maintenant ? Vous pouvez sur une journée vous observer pour savoir si vous arrivez à alterner les 2 dimensions (mère et maman) ou si l’une des deux est plus présente. Jouez-vous suffisamment avec vos enfants ? Reçoivent-ils toute la tendresse dont ils ont besoin? Si vous arrivez à bien remplir votre fonction de maman, alors il devient plus facile de devenir la mère à d’autres moments, en conscience, pour cette fois demander et refuser des choses à vos enfants.

Bien sûr l’absence du père peut rendre la tâche plus ardue, et il serait important de voir comment il peut rester impliqué et jouer son rôle.

D’autre part, vous avez vous-même des besoins et il est vital que vous puissiez les respecter aussi, notamment en tant que femme et épouse. Vous n’êtes pas qu’une mère. 3 enfants accaparent beaucoup la mère en vous et c’est primordial que vous vous accordiez du temps.

Si vous prenez soin de vous, si avez du temps pour voir des amis et sortir en couple, vous serez plus épanouie. C’est essentiel de ne pas vous sacrifier en tant que mère : sinon, vous risquez de le faire payer à vos enfants un jour ou l’autre…

Si vous devenez une femme épanouie, tout le monde sera gagnant 🙂

 

4) Établir des règles ensemble

Je vous propose d’établir des règles de vie en famille,  de les mettre par écrit, de les faire signer par chacun des membres de la famille et de les afficher.Vous pourrez ainsi vous y référer facilement.

L’idéal étant de pouvoir créer ces règles ensemble. Vos enfants y adhéreront plus facilement s’ils ont participé à leur rédaction. Ces règles peuvent concerner le rangement de la maison, les horaires, les repas…

Vous pouvez aussi prendre le temps ensemble de prévoir les sanctions (les conséquences) si les règles ne sont pas respectées. Je vous renvoie à un article que j’ai écrit sur le blog Super parents sur cette question des sanctions.

Cela vous évitera de donner une punition injuste sous le coup de la colère.

 

4) Être à l’écoute de l’ex-enfant en vous

Là je passe à la partie « travail sur soi »… Car il n’est jamais anodin de crier, de se mettre en colère ou de donner une fessée.

Je vous invite à ce sujet à lire mes articles sur le réactionnel et le retentissement.

Ce ne sont pas nos enfants qui sont responsables de ce que nous ressentons en tant que parents: c’est nous qui sommes touchés, pour des raisons liées à notre histoire. C’est l’enfant que nous avons été qui se réveille. Je vous invite donc à prendre la responsabilité de vous occuper de votre enfant intérieur.

Nous avons tous des blessures d’enfance, plus ou moins importantes, plus ou moins apaisées… Si elles sont à vif, si elles nous font souffrir (c’est le cas lorsque l’on perd le contrôle), alors il y a un travail sur soi nécessaire à effectuer pour sortir de la souffrance et guérir de ses blessures. C’est cela qui permet de comprendre ses émotions, de pouvoir les gérer et de ne plus exploser ou se déverser sur ses enfants.

Cette souffrance n’est pas une fatalité.

 

5) Trouver des ressources pour évoluer

Plusieurs pistes sont alors possibles pour amorcer le changement relationnel.

Si vous souhaitez vous engager sur la voie de meilleures relations familiales et d’une parentalité bienveillante et respectueuse, je vous invite à trouver des lectures pour vous ressourcer. Vous pouvez lire les livres de Jacques Salomé et ceux d’Isabelle Filliozat qui peuvent vous aider. Sur mon blog et sur celui de super parents, vous trouverez aussi plein d’informations et d’idées à glaner pour mieux vivre avec vos enfants.

Au-delà des lectures, je vous invite à chercher de l’aide auprès de professionnels. Dans certaines villes, il existe des maisons des parents où sont organisées des rencontres avec des professionnels, des conférences…Rencontrer d’autres parents, échanger sur ses difficultés et sur ses forces permet de se sentir moins seul et de progresser, d’apprendre à faire autrement.

Être parent, c’est un véritable chemin initiatique.

Personnellement, la voie que j’ai choisie pour mieux vivre mes relations, c’est la Méthode ESPERE®, je suis praticienne agréée de cette méthode et j’y trouve aussi les ressources nécessaires en tant que maman.

Cette pédagogie de la communication donne à la fois des outils concrets pour améliorer les relations parent-enfant…. tout en permettant un travail intérieur pour guérir de nos blessures.

Si cette méthode vous parle, vous pouvez l’expérimenter auprès d’un praticien en individuel ou en atelier de groupe.

Voici mon site les chemins de la relation si vous souhaitez que je vous accompagne.

Voici le site de l’institut ESPERE international pour trouver un praticien proche de chez vous.

 

Je vous souhaite d’oser mettre en œuvre dans votre vie le changement relationnel… ce sera un magnifique cadeau que vous vous ferez, ainsi qu’à votre famille.

 

 

Entendre la violence chez l’enfant

Je réponds aujourd’hui à une question posée par Sandrine  concernant un enfant de 8 ans qui se bat.

Vous me demandez : « comment lui est venu ce moyen de communiquer quand dans le foyer il n’y a pas de violences physiques? »

Vous vous interrogez sur l’origine de la violence de cet enfant. C’est vrai que l’enfant peut reproduire des comportements qu’il peut voir chez ses parents, mais pas seulement : l’école est également un lieu de prédilection pour apprendre des comportements, et la télévision aussi… Il n’y a pas que le foyer. Je ne pense pas que la réponse soit à chercher dans cette capacité de nos enfants à nous imiter ou dans une faute des parents.

Selon moi, la question n’est pas tant comment lui est venu ce moyen de communiquer… mais que tente-t-il de dire ainsi ?

Vous avez raison, la violence est un moyen d’expression, même s’il est inapproprié.

Voici donc les pistes que je vous propose, sachant que ce sont des balises un peu générales et qu’elles seront à adapter au contexte.

 

1) Entendre la violence comme un langage

Un enfant se bat : c’est un langage.

La première chose à faire est de pouvoir entendre que l’enfant tente de dire quelque chose qu’il ne peut exprimer autrement.

Nous ne pouvons pas deviner ce que tente de dire l’enfant ainsi. Je vous invite donc à le lui demander. Il serait possible de lui dire : « je ne sais pas ce que tu tentes de dire par ces bagarres, j’imagine que ça doit être très important pour toi, pour que tu le dises comme ça. » Et laisser l’enfant cheminer avec cette interrogation. Car parfois l’enfant lui-même n’a pas conscience de sa souffrance.

Je vous propose de repérer dans quels moments l’enfant se bagarre, avec qui etc… afin d’en savoir plus. Il est aussi possible que l’enfant se batte parce qu’il est agressé physiquement et qu’il se défend…ce qui n’est pas la même chose que si c’est lui qui déclenche les bagarres.

L’agressivité peut aussi être liée à un changement dans la vie de l’enfant : deuil, séparation, déménagement…

 

2) Rappeler les règles

Entendre ne signifie pas laisser faire sans rien dire.

Je vous invite à rappeler votre refus de la violence en tant que parent, et dans le cadre d’une vie en société.

 

3) Apprendre à l’enfant à  dire et à gérer ses émotions

En interdisant la violence, il est très important pour autant de permettre à votre enfant de s’exprimer autrement, de lui donner une alternative.

Pour cela, je vous invite à vous intéresser à ce que vit l’enfant dans les moments où il se bat : et lui permettre de mettre des mots sur ce qu’il vit. Car là où l’on peut mettre des mots, l’on n’a pas besoin de violence. La violence s’exprime quand on ne peut pas se dire. Il serait intéressant d’apprendre à cet enfant à gérer autrement ses émotions : lui demander ce qu’il ressent : colère, tristesse, injustice… et l’inviter à le dire. Cela nécessite que vous puissiez l’écouter avec suffisamment de bienveillance et d’ouverture vers lui pour accepter ses émotions. Je vous invite à consulter mon article sur l’écoute pour vous aider.

Vous pouvez aussi dans un premier temps dessiner ou travailler avec des papiers avec des visages exprimant des émotions et lui demander de montrer quel est le visage qui exprime le mieux ce qu’il ressent.

Cela peut être un bel exercice à faire pour toute la famille d’ailleurs 🙂 car plus vous exprimerez vos émotions, plus l’enfant pourra s’autoriser à le faire également. A l’inverse, dans les familles où l’expression des émotions n’est pas favorisée, la violence peut s’exprimer.

Et pour les émotions très fortes, comme une grosse colère, je vous propose d’instituer chez vous un coussin de colère qui peut sans dommage recevoir les coups de la personne qui aurait besoin d’extérioriser une violence.

Je vous propose de mettre en place la poubelle relationnelle, dont j’ai parlé dans un précédent article, afin de permettre à chacun de ne pas garder en soi les messages négatifs. Cela permet aussi de ne pas accumuler d’énergies négatives à l’intérieur de soi.

 

Pour conclure, je vous livre cette phrase de Jacques Salomé : « le seul antidote à la violence, c’est la communication ».

Je vous invite donc à communiquer avec votre enfant et à lui apprendre les bases de la communication. La Méthode ESPERE® est un bon moyen de développer des relations sans violence, je vous invite à lire les autres articles du blog qui vous permettront de cheminer sur cette voie.

 

Merci Sandrine pour cette question que se posent sans doute d’autres parents.

Je reste disponible si vous avez un témoignage, des commentaires ou d’autres interrogations.

 

Je rappelle à chacun des lecteurs que vous avez la possibilité de me poser une question sur ce blog. Je vous invite à consulter cette page pour en savoir plus, ou à poser directement votre question :

 

 

 

 

 

Une nouvelle rubrique sur blog ESPERE pour vous aider

J’inaugure aujourd’hui avec joie une nouvelle rubrique dans ce blog 🙂

Je me demandais depuis un moment comment je pouvais faire pour aider un peu plus ceux qui souhaitent améliorer la qualité de leurs relations.

Et j’ai trouvé 🙂

Dans cette rubrique, vous allez pouvoir me poser vos questions personnelles sur vos relations et/ou me soumettre des thèmes que vous voudriez voir aborder dans ce blog.

Je vous répondrai sur le blog, dans un commentaire ou un article. Car mon objectif, c’est que chacun puisse bénéficier de ces échanges pour progresser encore plus dans sa façon de communiquer.

Je précise que mes réponses ne peuvent pas remplacer un entretien individuel et ce n’est pas l’objectif de ma proposition.

Je vous donnerai des points de repère, des pistes pour regarder ce qui se passe et expérimenter le changement dans vos façons d’être en relation.

Je vous remercie de votre contribution si vous décidez de faire ce pas. Cela va permettre de rendre le blog plus vivant, et d’aider plein d’autres personnes qui se posent les mêmes questions que vous et n’osent pas les poser 😉

Je tenterai de répondre à toutes les questions que vous me poserez, que ce soit sur la relation à vous-même, les relations aux autres ou sur la Méthode ESPERE®

Je vous invite à être le plus précis possible pour que je puisse vous répondre au mieux ! Et si je ne peux pas vous répondre car cela sort de mon champ de compétence, je vous le dirais aussi bien sûr.

Vous pouvez aussi simplement me dire quels thèmes vous souhaiteriez voir aborder dans les prochains articles.

Je vous invite donc à poser vos questions via ce formulaire de contact :

Merci à chacun et je me réjouis de vous lire !